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Un Plateau propre, propre et désinfecté !

Histoire
Au de Javel La Parisienne, rue Garnier, 1910.
Il est difficile d’imaginer autant d’employés travaillant tous dans ces petits espaces industriels. (Source : collection de M. Marcel Paquette)

Savez-vous où l’eau de javel a fait son apparition au Québec en 1898? Mais sur le Plateau, bien sûr!

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L’immeuble original de la rue Brébeuf est typique des petites maisonnettes des faubourgs. Avec sa construction de bois et son toit en véritable mansarde, elle demeure un des rares témoins de ce développement de la rue Brébeuf qui fut parmi les plus anciens du Village de Saint-Jean-Baptiste. (Photo: Gabriel Deschambault)

Plus précisément, c’est au 41 de la rue Brébeuf, entre Marie-Anne et Rachel, qu’un monsieur Fyon transforma irrémédiablement en pénible corvée, les lundis matin des ménagères québécoises.  Le bâtiment existe toujours, mais porte maintenant le numéro civique 4265 (cette rue s’est aussi appelée Bréboeuf et Champelain, selon les années).  Il possède toujours son cachet ancien, avec son toit à vraie mansarde et son recouvrement de «papier brique».  Il est intéressant de se souvenir que les rues de La Roche et Brébeuf sont parmi les plus anciennes de la partie est de l’ancien village Saint-Jean-Baptiste.

L’histoire nous raconte que c’est en 1898 qu’un québécois d’origine belge, Louis Fyon, concocta sa recette d’eau de javel « la Parisienne ».  Les atlas nous décrivent précisément l’édifice de la rue Brébeuf; et selon les annuaires municipaux Lovell, il semble bien que notre monsieur Fyon y demeurait également.  Probablement que son produit « chimique » était alors élaboré dans un bâtiment annexe, car l’édifice a vraiment un caractère résidentiel et il serait surprenant qu’habitation et fabrication d’eau de javel soient si compatibles.

Il demeura à cet endroit deux ans avant de se déplacer, pour quelques années, au 791 Chaussé (ce qui aujourd’hui correspond à l’angle Des Érables et Gauthier).  On peut présumer que son «invention» remporta un vif succès, car on retrouve, vers 1910, la compagnie dans de plus vastes locaux, au 288, Garnier, au nord de Mont-Royal.

Au de Javel La Parisienne, rue Garnier, 1910.

Il est difficile d’imaginer autant d’employés travaillant tous dans ces petits espaces industriels. (Source : collection de M. Marcel Paquette)

Dans cette photo qui date des années 1914, on voit cette nouvelle installation, ainsi que les employés qui s’apprêtent à se rendre à une fête champêtre; comme il était coutume à cette époque dans les petites industries pour remercier les employés (HEC nous parle aujourd’hui de “culture d’entreprise” sans peut-être savoir que cette notion ne date pas d’hier).  Vous remarquerez que les véhicules “de promenade” ne sont dotés ni de ceintures de sécurité; ni de coussins gonflables; il est à espérer que le lieu de rendez-vous n’était pas trop loin!   On voit que les employés sont assis sur des caisses posées sur la plate-forme des camions.  Également, comme on travaille dans l’eau de javel, on n’a pas peur de porter du blanc. 

Quant à eux, les bâtiments quoique légèrement transformés, sont toujours là; rue Garnier au nord de Mont-Royal.  C’est fascinant de penser que plus de 100 ans plus tard, ces espaces logent toujours des travailleurs.

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Les bâtiments existent toujours aujourd’hui. (Photo: Gabriel Deschambault)

Quant à notre eau de Javel “La Parisienne”, cette marque de commerce existe toujours, après avoir fait quelques péripéties et détours chez Lavo et chez Hertel.  L’histoire ne dit pas d’où provenait le chlore habituellement utilisé dans le processus de fabrication de l’eau de Javel.  Aujourd’hui, on considère cette fabrication comme hautement dangereuse.

Visitez la Société d’histoire du Plateau Mont-Royal :

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