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Délit de fuite mortel : au-delà du fait divers

Santé, Transport
À l'intersection de Mont-Royal et de Saint-Urbain, où une piétonne de 79 ans a été happée mortellement dimanche denrier, il n'y a qu'un seul feu désigné pour les piétons sur les quatre traverses piétonnes.
À l’intersection de Mont-Royal et de Saint-Urbain, où une piétonne de 79 ans a été happée mortellement dimanche denrier, il n’y a qu’un seul feu désigné pour les piétons sur les quatre traverses piétonnes. (photo : Simon Van Vliet)

Le délit de fuite qui a coûté la vie à une femme de 79 ans dimanche dernier sur Mont-Royal représente plus qu’un fait divers.

Survenu à une semaine de la journée internationale des aînés, ce nouvel incident souligne à quel point les personnes âgées sont vulnérables, rappelle la professeure Marie-Soleil Cloutier, responsable du nouveau Laboratoire piétons et espace urbain (LAPS) à l’Institut national de recherche scientifique.

L’aménagement en cause

En juin, Piétons Québec, la Table de concertation des aînés de l’île de Montréal (TCAÎM) et le Conseil régional de l’environnement de Montréal (CRE-Montréal) se désolaient de constater une série de décès de piétons aînés et demandaient aux autorités municipales de « repenser les aménagements pour mieux tenir compte du vieillissement de la population ».

« Il faut adapter l’environnement », renchérit Marie-Soleil Cloutier qui reconnaît que dans le cas du délit de fuite survenu dimanche, c’est davantage le comportement de l’automobiliste qui est en cause.

Des collègues de Marie-Soleil Cloutier travaillent actuellement à faire un audit de marchabililté pour les personnes âgées (MAPPA) dans divers secteurs de la région de Montréal. Les résultats de ces travaux, qui visent à évaluer les différents facteurs urbanistiques qui affectent la marche chez les personnes âgées, peuvent être consultés sur la plate-forme MAPPA.

Reprogrammer les feux de circulation

Si les piétons aînés sont surreprésentés parmi les accidentés de la route, c’est en partie en raison de leur mobilité plus lente, dont on ne tient pas compte dans la programmation de la plupart des feux de circulation.

« La vitesse qu’on va proposer, c’est la vitesse d’un adulte bien portant », souligne la professeure Cloutier. Or, estime-t-elle, la vitesse moyenne des personnes âgées est parfois presque moitié moins rapide que la vitesse de référence utilisée pour la programmation des feux piétons.

« Il y a des intersections où ça ne pardonne pas », constate-t-elle faisant écho aux propos tenus lundi matin par le co-porte-parole de Piétons Québec, Félix Gravel, à la radio de Radio-Canada.

À l’intersection de Mont-Royal et de Saint-Urbain, qui figure sur une liste d’intersections dangereuses, il n’y a qu’un seul feu désigné pour les piétons sur les quatre traverses piétonnes.

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