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Ferrandez : « La rue Saint-Denis a besoin d’un second souffle »

Politique, Vie de quartier

« C’est au moins 40$ millions qu’il faut investir dans un véritable plan d’urbanisme pour la rue Saint-Denis et son patrimoine » a annoncé le Maire Luc Ferrandez dans une conférence au Livart où il livrait sa vision pour l’artère commerciale.

Dans un discours à saveur politique jalonnée de piques en direction de ses détracteurs, la Maire a présenté au public « son rêve pour la rue Saint-Denis ». Vision forte ou utopie en couleur?

Investir dans la rue Saint-Denis

Depuis plusieurs années, les commerçants de la rue Saint-Denis font face à des défis grandissants : stationnement kafkaïen, taxes écrasantes, achalandage anémique. « Taxes, parcomètres et travaux de la Ville-Centre et de l’administration Coderre » sont à blâmer selon le futur ancien chef de Projet Montréal.

Toutefois, Caroline Tessier, directrice de la SDC Saint-Denis, note que « la relance se fait ressentir ». Depuis le mois de mars, le taux d’inoccupation est passé de 27% à 17% et 35 nouveaux commerces ont ouvert la porte selon les chiffres de la SDC.

Quelle serait la solution face à la diminution d’achalandage? Comment faire pour attirer plus de gens à faire leurs courses sur la rue Saint-Denis?

Construire un stationnement de 600 places pour un coût à 30 millions de $ ne ramènerait qu’un client par jour en plus par commerce selon un scénario de l’élu. Pourrait-on libéraliser et alléger considérablement la règlementation? « Regardez le développement chaotique sur la rue Crescent. »

Le futur de la rue Saint-Denis passe selon le maire par une vision et un plan d’urbanisme.

« La rue Saint-Denis, trésor national »

La clef du succès pour une revitalisation de l’artère commerciale est la préservation et la valorisation du patrimoine. « Si on perd ça, on est dans la marde [sic], prévient le Maire. C’est 30 millions de $ que nous allons demander pour les bâtiments ».

Selon lui, on se doit de protéger l’héritage d’un patrimoine qui date de la fin du XIXème siècle, propulsé par une élite francophone en quête d’élégance et beauté. Hôtel-Dieu, Institut des Sourdes-muettes et Carré Royal, entre autres, ont donné à l’époque une forte impulsion au développement du quartier. « Nous sommes les héritiers de leurs rêves », explique le M. Ferrandez.

Et celui-ci de rappeler avec d’un ton un peu chauvin, après avoir passé en revue les grandes artères commerciales d’Europe et d’Amérique du Nord, que « le monde entier ne nous arrive pas à la cheville » .

Dans le cadre du plan d’urbanisme, le Maire a dévoilé un aménagement possible pour la rue Saint-Denis. « Un problème majeur de la rue : le bruit », explique celui-ci. Afin de réduire le trafic sur l’artère, le plan propose de ramener la circulation à une voie dans les deux sens, en plus un corridor pour les heures de pointes.

Le plan d’aménagement de la rue Saint-Denis tel qu’imaginé par le Maire Ferrandez (photo : Catherine Piazzon)

Embourgeoisement et inquiétudes des commerçants

« Monsieur le Maire, merci pour ce moment d’utopie. » C’est ainsi qu’une citoyenne a introduit sa question à la fin de la conférence. Le public a rêvé avec M. Ferrandez mais certains commerçants présents ont profité de la tribune pour partager les difficultés auxquelles ils et elles font face. Les difficultés de stationnement issues des politiques de l’administration Ferrandez semblent cristalliser les désaccords. Un autre citoyen demande comment faire pour diminuer le nombre de locaux vacants, « qui donnent une impression de tristesse ».

L’embourgeoisement semble inévitable selon plusieurs. « C’est un risque, admet Luc Ferrandez. Il faut se battre pour les conserver les ateliers d’artistes, les commerces locaux et les espaces de créations. »

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