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On glisse à la montagne

Histoire
Vue d’ensemble des installations dans les dernières années. (Source: BAnQ - Conrad Poirier 1940)
Vue d’ensemble des installations dans les dernières années. (Source: BAnQ – Conrad Poirier 1940)

Y fait frette ! Y a de la neige ! C’est parfait pour glisser ! Allons-y donc !

Les Montréalais ont toujours eu un faible pour la montagne afin d’assouvir leurs plaisirs de glisse sur la neige. Disons que c’est logique, puisque ça prend quand même une pente pour pouvoir glisser. Parfois, en ville, sur les rues et les trottoirs, il peut aussi arriver de glisser même sans pente ; mais ça, c’est une autre histoire.

Cela fait plus d’un siècle et demi que l’on pratique la « glisse » sur la Montagne. Le patin à glace, le ski nordique, et surtout le toboggan, les Montréalais n’ont pas peur du petit air frisquet et ne se font pas prier pour aller glisser.

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Le toboggan à la fin du XIXe siècle sur les pentes du lac aux Castors. (Source: BAnQ – Collection des cartes postales)

J’oublie volontairement la raquette, autre sport hyper populaire et très pratiqué sur la montagne, car il ne s’agit pas d’un sport de glisse. On y reviendra sûrement cet hiver.

La première photographie nous montre une installation assez exceptionnelle où l’on peut voir une pente offrant six chemins de descente pour les toboggans. Il est facile d’imaginer le plaisir de ces glisseurs et d’avoir une idée de la vitesse que pouvaient atteindre ces bolides. Cette installation se trouvait sur les pentes de l’actuel lac aux Castors et l’histoire nous raconte que cette pente amenait les glisseurs jusqu’à l’endroit où se trouve aujourd’hui le chemin Camillien Houde.

Toujours est-il que c’est en 1884 qu’est fondé le Toboggan and ski club ltd. et que l’on procède avec la construction d’une structure de glissade. Outre la pente naturelle offerte par la topographie de la montagne à cet endroit, cette construction augmente sensiblement le dénivelé et lance les glisseurs dans leur longue descente.

On voit ici la construction de la rampe de cette glissade. (BAnQ - Album Universel 1905)

On voit ici la construction de la rampe de cette glissade. (Source: BAnQ – Album Universel 1905)

Les glisseurs remontent ensuite à pied en tirant leur « traîne sauvage ». L’histoire ne dit pas combien de descentes les amateurs peuvent effectuer lors d’une sortie hivernale. En 1925, un incendie viendra perturber les ardeurs et l’on se questionne sur la renaissance du club. Cela fait malgré tout une bonne quarantaine d’années que l’activité fonctionne.

Finalement, en 1934 une construction sera réalisée afin de reloger le club, mais celui-ci devra malgré tout mettre fin à ses activités peu de temps après puisque les travaux d’aménagement de l’étang du lac aux Castors débutent en 1935, dans le cadre des grands travaux d’infrastructures menés durant les années de la Grande Crise. Le bâtiment sera finalement utilisé par une autre occupation peu connue, le Moutain Play House. Il faudra aussi revenir là-dessus un jour !

On y trouve donc un théâtre d’été durant la période de 1951 à 1961. L’édifice sera démoli en 1962.

C’est un départ pour la longue descente. (BAnQ - Fonds Conrad Poirier 1938)

C’est un départ pour la longue descente. (Source: BAnQ – Fonds Conrad Poirier 1938)

La petite histoire nous raconte également que l’Église, qui était très présente au Québec dans ces années-là, n’était pas très favorable à cette forme de sport d’hiver. À première vue, il ne semble pas y avoir de quoi fouetter un chat ?

Toutefois, quand on regarde de plus près les visages « radieux » des jeunes couples qui s’apprêtent à descendre la pente… on peut peut-être imaginer que la posture aérodynamique empruntée pour la descente puisse susciter l’envie de recommencer plusieurs autres descentes.

La photo suivante nous montre une vue d’ensemble datée de 1940 où l’on aperçoit le bâtiment du Mountain Playhouse. On constate aussi que le Lac aux castors est aménagé, car on y devine déjà les contours actuels.

La toute dernière photo des années 1954 des Archives de la Ville de Montréal nous montre le bâtiment du théâtre. On constate que les toboggans ont cédé la place aux skieurs nordiques. Ceux-ci pratiquent leurs mollets puisque le remonte-pente n’est pas encore installé. J’invite les lecteurs à visiter le site web des Amis de la Montagne où j’ai trouvé des informations sur le club de Toboggan.

www.lemontroyal.qc.ca

À Montréal, qui dit sports d’hiver… dit aussi vive le mont Royal !

Vue d’ensemble des installations dans les dernières années. (Source: BAnQ - Conrad Poirier 1940)

Vue d’ensemble des installations dans les dernières années. (Source: BAnQ – Conrad Poirier 1940)

(Source: Archives de la Ville de Montréal, 1954)

(Source: Archives de la Ville de Montréal, 1954)

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