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Saint-Dominic… une petite église discrète

Histoire
(source : Archives de la paroisse Saint-Dominic/Edna-May MacKenzie)
(source : Archives de la paroisse Saint-Dominic/Edna-May MacKenzie)

Depuis le temps qu’elles existent, on connaît bien nos églises du Plateau.

Bien sûr, elles ne sont plus aussi fréquentées que dans le temps, mais ces grands monuments font partie du paysage de notre quartier et on n’aimerait pas les voir disparaître. Pourtant, cela arrive de temps à autre. Au début du XXe siècle, le territoire du Plateau regroupe plusieurs ethnies et plusieurs confessions religieuses. La communauté anglophone, qui fut très présente pendant un certain temps, s’y fit construire plusieurs temples au fil du temps. On retrouvait dans le quartier des temples protestants ; l’Église Unie ; les méthodistes ; etc. Aussi, des églises catholiques.

Avec le temps, ces communautés se sont déplacées spatialement dans la ville de Montréal et souvent, en conséquence, leurs églises sont disparues. C’est le cas de l’église dont j’aimerais vous parler aujourd’hui, l’église Saint-Dominic, de la communauté anglophone de la partie est du Plateau. Elle rassemblait surtout des Irlandais, mais aussi des Écossais et, bien sûr, des Anglais.

Église Saint-Dominic en 1929, avenue De Lorimier. (source : archidiocèse de Montréal et BAnQ)

Église Saint-Dominic en 1929, avenue De Lorimier. (source : archidiocèse de Montréal et BAnQ)

La paroisse qui est fondée en 1912 jette son dévolu sur un terrain angle De Lorimier et Gilford pour y bâtir son temple. La construction s’amorce en 1913, mais avec la guerre qui s’annonce, la communauté anglophone a vraisemblablement d’autres sujets de préoccupation. Après la présentation d’un projet « ambitieux » par l’architecte Joseph-Raoul Gariépy (1880-1938), la communauté demande plutôt la construction du seul étage de sous-sol avec l’intention de compléter l’église plus tard. On installe une toiture par-dessus cette structure basse et un petit clocheton viendra compléter ce qui deviendra le lieu de culte de cette communauté jusqu’en 1975.

L’implantation de l’église se fait perpendiculairement à l’avenue De Lorimier puisque cette voie est très prestigieuse dans ce secteur du quartier et fait l’honneur de la municipalité de De Lorimier. Cette dernière vient tout juste d’être annexée à Montréal en mai 1909. Un magnifique presbytère est aussi construit à l’angle avec la rue Gilford.

(source : Archives de la paroisse Saint-Dominic/Edna-May MacKenzy)

(source : Archives de la paroisse Saint-Dominic/Edna-May MacKenzie)

Avec les années 1970, la communauté est confrontée aux coûts exorbitants de l’entretien de cet immeuble. La Fabrique décide finalement de vendre le terrain à la Ville de Montréal en 1975. Alors qu’à son apogée, la paroisse comptait un millier de familles, ce n’est maintenant à peine qu’une centaine qui participe à la vie de l’église.

La communauté déplace alors son lieu de culte sur l’avenue du Mont-Royal, près de l’intersection De Lorimier. Fait inusité, l’église s’installe dans deux locaux commerciaux de l’avenue. Les vitrines exposent l’intérieur de l’église et la vieille croix de métal qui ornait le petit clocheton de l’église originale trône maintenant dans la vitrine sur la rue Mont-Royal.

L’église Saint-Dominic se relocalise en 1975 sur l’avenue du Mont-Royal, près de De Lorimier. Cette photographie date de 1986. On peut voir la croix dans la vitrine. (source SIMPA & arr. du Plateau-Mont-Royal)

L’église Saint-Dominic se relocalise en 1975 sur l’avenue du Mont-Royal, près de De Lorimier. Cette photographie date de 1986. On peut voir la croix dans la vitrine. (source SIMPA & arr. du Plateau-Mont-Royal)

L’église logera à cette enseigne de 1975 à 1990, au moment où la cure de la paroisse sera transmise à l’église Saint-Casimir, sur la rue Parthenais. En 2008, une dernière messe sera célébrée à cet endroit, avant de fermer définitivement les livres de la paroisse Saint-Dominic.

L’illustration suivante nous montre le projet de construction tel que proposé par l’architecte Gariépy en 1913. L’extrait de l’atlas nous montre l’implantation des bâtiments de l’église et du presbytère.

Les églises de Montréal ne portaient pas toutes les mêmes caractéristiques d’extravagances ; certaines plus discrètes que d’autres. Il est malheureux que cette petite église et l’école anglaise du même nom aient été démolies. On trouve aujourd’hui les locaux du CLSC du Plateau Mont-Royal sur le site de l’ancienne école.

Projet initial proposé par l’architecte Gariépy. (source : BAnQ/Fonds E.Z. Massicotte extrait de l’atlas Goad archives BAnQ)

Projet initial proposé par l’architecte Gariépy. (source : BAnQ/Fonds E.Z. Massicotte extrait de l’atlas Goad archives BAnQ)

Extrait de l’atlas Goad, archives BAnQ.

Extrait de l’atlas Goad, archives BAnQ.

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