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Histoire du Mile End : de lieu de passage à lieu de « branchitude »

Histoire
Histoire du Mile End
L’historien et ancien journaliste Yves Desjardins raconte l’histoire du Mile End. (photo : Gracieuseté — Yves Desjardins)

Il était auparavant façonné par la pauvreté. Aujourd’hui, il est connu comme un des « hauts lieux de la “branchitude” planétaire ». Dans son tout premier livre nommé « Histoire du Mile End », l’historien Yves Desjardins trace l’histoire d’un secteur qui suscite les passions.

« Le Mile-End est un terrain d’observation remarquable. Il s’est toujours renouvelé et les groupes culturels, ethniques et sociaux se sont toujours rencontrés. C’est un observatoire privilégié pour voir comment les identités se forment et évoluent au fil du temps », explique l’auteur, qui a été journaliste à Radio-Canada pendant plus de 30 ans.

Celui-ci caressait le rêve d’écrire un livre depuis longtemps. C’est sa passion pour l’histoire, l’intérêt d’aller à la rencontre de ses racines familiales et la curiosité qu’il porte à l’égard du quartier qu’il habite depuis 40 ans qui l’ont inspiré à publier « Histoire du Mile-End » aux éditions du Septentrion. En 335 pages, il trace le fil historique de ce quartier, qui tire son nom de l’ancienne auberge rurale Mile End Tavern retrouvée entre 1805 et 1810 à l’intersection de l’avenue du Mont-Royal et du boulevard Saint-Laurent.

Un quartier façonné par plusieurs mutations

Le Mile-End était auparavant connu comme « point d’arrivée pour plusieurs générations d’immigrants » et façonné par la pauvreté. Aujourd’hui, son embourgeoisement suscite la convoitise, mais mène aussi le secteur à être l’objet d’un « portait caricaturé ».

« Le Mile-End est un quartier victime de sa réputation : à la fois positive, car plusieurs touristes viennent le visiter. À l’inverse, il est aussi perçu par beaucoup de Montréalais comme un quartier surfait, fréquenté par beaucoup de “bobos” et de “hipsters” qui prétendent vivre une vie alternative alors qu’ils sont riches. Je trouvais ça important de replacer le quartier dans son identité historique pour montrer qu’il y a des racines qui vont au-delà des modes », témoigne l’auteur, qui collabore également à la société d’histoire Mémoire du Mile End.

Mile-End dynamique

C’est ainsi qu’il aborde la naissance du Mile-End rural dans les années 1700, le côté multiethnique qui a toujours façonné le secteur, ses grandes artères tantôt aimées tantôt malaimées et, bien sûr, la renaissance du Mile-End à partir des années 1980. À travers le tout, M. Desjardins fait un clin d’oeil aux citoyens qui illuminent la créativité culturelle du quartier, telle que Patsy Van Roost alias la Fée du Mile-End.

« Le quartier est souvent caricaturé vu de l’extérieur comme une enclave de “hipsters”, mais vu de l’intérieur, il est très dynamique en terme de vie communautaire, culturelle et associative. C’est incarné par un certain nombre de personnages comme Patsy Van Roost », raconte M. Desjardins.

Pour lui, le dynamisme qui anime le Mile-End n’est pas le fruit du hasard. « Ça s’explique par son histoire », conclut-il.

Le lancement de « Histoire du Mile End » aura lieu le 18 mai, de 17 h à 19 h, à la bibliothèque Mordecai-Richler située au 5434 avenue du Parc

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