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Arrachage de l’herbe à poux : un travail de Sisyphe?

Environnement
Depuis deux ans, Irène Mayer tente de convaincre les autorités publiques d'intensifier la lutte contre la plante qui représente la première cause de la rhinite saisonnière, une affliction allergique qui affecte une personne sur huit au Québec.
Depuis deux ans, Irène Mayer tente de convaincre les autorités publiques d’intensifier la lutte contre la plante qui représente la première cause de la rhinite saisonnière, une affliction allergique qui affecte une personne sur huit au Québec. (photo : Simon Van Vliet)

Depuis deux ans, Irène Mayer passe ses étés a pourchasser l’herbe à poux partout où elle pousse. Elle s’arrête ce soir dans le Champ des possibles.

« J’ai décidé de m’attaquer à une place qui est très, très infestée dans le Plateau », explique la super-arracheuse qui a comptabilisé près de 35 000 plants arrachés l’an dernier. « Cette année on ne les compte plus! », lance celle qui se fait surnommer Mme Poupoux.

L’experte autodidacte en contrôle de l’herbe à poux estime à environ 100 000 plants la population d’Ambrosia trifida uniquement dans le Champ des possibles. C’est pourquoi elle convie les arracheurs en herbe à une nouvelle corvée d’arrachage ce soir (25 juillet) à compter de 18 h 30 et jeudi (27 juillet) de 10 h à midi.

Contrôle et prévention : une question de méthode

La Stratégie québécoise de réduction de l’herbe à poux et des autres pollens allergènes (SQRPA) recommande la tonte ou le fauchage deux fois par an, ou encore l’arrachage une fois par an, comme méthode de contrôle de l’herbe à poux.

Depuis deux ans, Irène Mayer tente de convaincre les autorités publiques d’intensifier la lutte contre la plante qui représente la première cause de la rhinite saisonnière, une affliction allergique qui affecte une personne sur huit au Québec. La méthode proposée par Mme Poupoux propose plutôt d’arracher les plants deux à trois fois par an pour éviter que les plantes ne se ressèment. Elle déconseille par ailleurs de tondre les plans régulièrement, car ceux-ci finissent pas former des tapis de « bonsaïs » qui fleurissent et se propagent.

Herbe à poux en folie

L’herbe à poux prolifère en milieu urbain notamment sur les terrains vagues, comme le terrain de l’ancienne station-service situé à l’angle de Des Pins et Saint-Denis, où Irène Mayer a procédé à une démonstration d’arrachage la semaine dernière.

« Il ne faut pas laisser la terra à nu », insiste la super-arracheuse qui souligne que la terre nue sert de « réservoir de graines » pour l’herbe à poux.

L’Union internationale pour la conservation de la nature, qui considère l’herbe à poux comme une espèce envahissante en Europe, en Asie et en Australie, recommande en effet de « maintenir une végétation en santé » pour prévenir les infestations.

On aura beau arracher des dizaines de milliers de plans, le travail « va être à recommencer » chaque année tant que le problème ne sera pas pris au sérieux par les autorités, soupire Irène Mayer qui se réjouit que l’arrondissement du Plateau-Mont-Royal ait accepté d’intégrer cette année un projet-pilote de sensibilisation au contrôle de l’herbe à poux à la Patrouille Verte des Amis du Champ des Possibles.

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