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Comment se transforme, ou non, un quartier

Histoire
(photo : tirée du groupe Facebook « Montréal photo historiques, proposée par Michel Séguin)
(photo : tirée du groupe Facebook « Montréal photo historiques, proposée par Michel Séguin)

Je suis passionné par les photos anciennes de Montréal, et par celles du Plateau-Mont-Royal en particulier (je pense que vous vous en doutez bien !). Je fréquente certains sites Facebook où d’autres fanatiques ne cessent de publier plein de photos anciennes, souvent très intéressantes, souvent inédites (pour moi) et parfois exceptionnelles.

Aujourd’hui, sur le site « Montréal historical-photos-historiques », un participant, Monsieur Michel Séguin, a proposé une coupure du journal La Presse de l’année 1913 qui a retenu mon attention et piqué ma curiosité. C’est une page de publicité vantant les mérites d’un regroupement immobilier situé rue Laurier, angle Casgrain, et qui est en vente.

(photo : tirée du groupe Facebook « Montréal photo historiques, proposée par Michel Séguin)

(photo : tirée du groupe Facebook « Montréal photo historiques, proposée par Michel Séguin)

On pourrait aussi presque dire que l’annonce est parue sur le WEB, car c’est que l’on peut lire sur l’annonce. Toutefois cela représente plutôt l’acronyme du nom du vendeur : W. Ernest Bolton.

C’est la lecture du détail de l’annonce qui nous intéresse surtout, car on y perçoit clairement une volonté du vendeur d’influencer le cours de l’aménagement de ce secteur du quartier.

Le texte nous dit : « L’avenue Laurier est une des meilleures rues de détail de la partie nord, servant de débouché à Outremont dans l’ouest, et se rendant dans l’est jusqu’à l’avenue Papineau à travers un district devenant de plus en plus populaire tous les ans. La propriété ci-dessus a plusieurs caractéristiques spéculatives… et elle se prête merveilleusement à une transformation en magasins. Il y a un mouvement sur pied pour élargie cette partie de la rue, ce qui devrait faire monter considérablement les valeurs par là. »

On constate ici qu’à cette période du début des années 1910, le développement fulgurant du quartier a fait oublier aux développeurs de prévoir une structure commerciale afin de desservir les résidants. On tente de recoller les morceaux et surtout d’en tirer profit.

(photo : tirée de Google street view. Bâtiment résidentiel avenue Laurier, angle Casgrain.)

(photo : tirée de Google street view. Bâtiment résidentiel avenue Laurier, angle Casgrain.)

La réglementation de zonage n’était pas la norme à cette époque et je pense qu’il est malgré tout heureux que l’immeuble ait pu conserver son état d’origine.J’aimerais maintenant attirer votre attention sur un ancien dossier « histoire » paru dans Pamplemousse le 28 septembre 2015. Vous pourrez constater que la situation sur l’avenue du Mont-Royal était identique et qu’effectivement des rez-de-chaussée commerciaux étaient construits devant les façades des résidences. La situation existe toujours aujourd’hui. Cela a dû influencer notre urbaniste en herbe !

Comme quoi les développeurs immobiliers sont parfois vites sur la « créativité spéculative », mais… ça ne fonctionne pas toujours.

Visitez le blogue de l’auteur.

Visitez la Société d’histoire du Plateau Mont-Royal :

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