Publicité

Le patrimoine architectural du Plateau : rénovez et faites des économies

Histoire
(photo : Gabriel Deschambault)
(photo : Gabriel Deschambault)

Le 28 juillet dernier, Plateau-Pamplemousse publiait un article annonçant une exposition pilotée par l’arrondissement et présentant aux citoyens les beautés du patrimoine architectural du Plateau Mont-Royal.

Cette exposition fera une tournée de quatre places publiques du quartier pendant l’été. Intitulée Le patrimoine du Plateau : un projet collectif, cette exposition présente les efforts de citoyens qui ont bien mis en valeur leur propriété.

Récemment, lors d’une balade sur l’avenue du Mont-Royal, mon attention a été attirée par l’état de cette façade. Cette série de trois édifices, construits dans les années 1920-30, nous montre une magnifique façade qui reprend le langage architectural en vogue à cette époque, qui est contemporaine du développement des résidences du boulevard Saint-Joseph.

Essentiellement, on parle d’une brique d’argile brun foncé, dont la mise en œuvre est complétée par des éléments décoratifs en ciment qui reprennent l’allure d’une maçonnerie de pierres taillées.

(photo : Gabriel Deschambault)

(photo : Gabriel Deschambault)

L’ensemble fait montre d’une belle recherche architecturale et c’est une grande tristesse de constater l’état dans lequel se trouvent certaines parties de la façade. Un des propriétaires, pensant bien faire, décida de peindre ces éléments décoratifs, avec le résultat que l’on peut constater aujourd’hui.

(photo : Gabriel Deschambault)

(photo : Gabriel Deschambault)

Cela montre bien l’importance d’avoir un certain encadrement des travaux de rénovation, qui peut se faire par les professionnels de l’arrondissement.   Avec un conseil approprié, la personne qui envisageait ces travaux de peinture aurait plutôt réalisé une économie importante en les évitant. Ceci, bien sûr, sans compter les coûts à payer pour la correction. Aussi, un encadrement professionnel aurait permis de proposer l’installation de portes et de fenêtres d’un même modèle, ou de modèles similaires, ce qui aurait fait une plus belle harmonie. Des conseils sur les coloris à utiliser auraient également été appropriés afin de mettre davantage en valeur ce bel ensemble.

Vous remarquerez que pour l’instant, dans ce scénario, il n’y a aucune dépense superflue qui est imposée aux propriétaires.

De plus, la valeur économique de l’édifice serait grandement supérieure et l’apparence de la rue s’en trouverait rehaussée d’autant. On ne dira jamais assez l’importance du décor architectural de notre environnement quotidien, sur notre qualité de vie.

Il faudrait maintenant corriger les dégâts. Heureusement, cela n’est pas irréversible et les photos montrent bien que le film de peinture sur les blocs de béton ne demande pas mieux que de s’enlever.

Une erreur plus importante s’est toutefois produite sur certaines parties des façades.

L’appareillage de maçonnerie utilisant un joint creux (ou joint à baguette) a fait l’objet de mauvaises corrections en remplissant les joints. Cette erreur est fréquente partout ou cette forme d’architecture se retrouve. On la doit malheureusement trop souvent à l’ignorance de certains entrepreneurs qui s’improvisent maçons et qui disent aux proprios que leur mur est en voie de dégradation.

Dans le cas que nous discutons maintenant, notre proprio « fort sur la peinture » a malgré tout sauvegardé certaines parties de sa façade. La photo suivante nous montre la différence entre une maçonnerie correcte et une dont les joints ont été remplis. Vous voyez bien comment la partie, dont les joints creux n’ont pas été corrigés, accroche mieux la lumière et donne une belle texture au mur de brique. Cette erreur fréquente est très lourde de conséquences. Il faudrait que les proprios le sachent.

(photo : Gabriel Deschambault)

(photo : Gabriel Deschambault)

Encore une fois, une visite (gratuite) avec un professionnel de l’arrondissement aurait permis aux proprios d’économiser l’argent dépensé sur ces mauvais travaux qui, en plus, font perdre de la valeur à un immeuble.

En résumé, les propos de cette chronique démontrent bien qu’une attention plus soutenue à la protection et à la mise en valeur de notre patrimoine populaire n’implique pas nécessairement des dépenses exorbitantes, au contraire.

Cela permettrait dans une bonne majorité des cas de conserver notre bâtiment dans un bel état et même qu’il y a des économies parfois importantes à faire.

Que demander de plus !

Visitez le blogue de l’auteur.

Visitez la Société d’histoire du Plateau Mont-Royal :

Vos commentaires
loading...