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Inauguration de Prince-Arthur sur fond d’élections imminentes

Politique, Transport
Prenant la parole au nom de l’Association des commerçants de la rue Prince-Arthur, le restaurateur Benoit Lambert se fait optimiste.
Prenant la parole au nom de l’Association des commerçants de la rue Prince-Arthur, le restaurateur Benoit Lambert se fait optimiste. (photo ; Simon Van Vliet)

L’inauguration de la rue Prince-Arthur Est ressemblait à un prélude des hostilités électorales qui seront déclenchées la semaine prochaine.

Entièrement réaménagée dans le cadre des legs du 375e anniversaire de Montréal, la rue devait être inaugurée conjointement par le maire d’arrondissement, Luc Ferrandez, et le maire de Montréal, Denis Coderre. Ce dernier a cependant annulé sa participation, laissant le champ libre à l’ancien chef de l’opposition officielle qui n’a pas manqué l’occasion pour critiquer vertement l’administration Coderre sur son bilan en matière de sécurité des cyclistes, à la suite du décès d’une cycliste happée par un autobus hier à l’angle de l’avenue des Pins et de Parc.

La renaissance de Prince-Arthur

De retour au sujet du jour, le maire Ferrandez a vanté les réalisations de son équipe dans le réaménagement de la rue Prince-Arthur. Il précise que le projet a nécessité beaucoup de travail de la part des fonctionnaires de l’arrondissement et de la conseillère d’arrondissement Christine Gosselin qui a piloté le projet pendant environ deux ans.

En félicitant ses services et son équipe, le maire d’arrondissement en profite pour décocher une flèche à l’administration Coderre en soulignant que la réforme du réseau artériel en 2014 a donné à Prince-Arthur un statut d’artère ce qui a forcé des négociations avec la ville-centre pour réaliser l’ambitieux projet de réaménagement qui a couté 4 millions de dollars, financé à parts égales entre la Ville de Montréal et l’arrondissement du Plateau-Mont-Royal.

« Il y avait des pressions de toutes parts », note Christine Gosselin qui salue l’ouverture dont a fait preuve le Service de prévention des incendies de Montréal qui a accepté de déroger au principe du corridor de sécurité de 5 mètres pour sur la portion la plus étroite de Prince-Arthur.

Prenant la parole au nom de l’Association des commerçants de la rue Prince-Arthur, Benoit Lambert se fait optimiste et évite de se laisser embarquer dans la joute électorale en sous-main. « On va tout faire pour contribuer à la renaissance de cette rue », insiste le restaurateur qui gère le bistro français Les Deux Gamins, installé depuis 2012 sur Prince-Arthur. À l’époque, se souvient-il, la rue était « en déclin face à son faste passé ».

L’accessibilité universelle comme enjeu électoral

Lançant une salve ouverte contre la première candidate déclarée d’Équipe Coderre sur le Plateau, soit l’ancienne présidente RAPLIQ Linda Gauthier qui entend se présenter contre Marianne Giguère dans le district De Lorimier, Christine Gosselin se targue d’avoir aménagé sur Prince-Arthur « la rue la plus la plus accessible de tout Montréal ».

« J’ai vu pas mal mieux », rétorque Linda Gauthier qui estime que l’arrondissement a « manqué une bien belle occasion » d’aider les commerçants de Prince-Arthur à adapter leurs commerces dont plusieurs demeurent inaccessibles, malgré le fait que les terrasses soient universellement accessibles (ce qu’elles étaient par ailleurs déjà). Christine Gosselin réfute cette critique en expliquant que la Ville ne peut pas être tenue responsable de l’aménagement du domaine privé et que « c’est aux commerçants à jouer » pour adapter leurs établissements.

De l’optimisme et des réserves

Une résidente de longue date du secteur et ancienne serveuse dans l’un des nombreux restaurants grecs de Prince-Arthur a avoir fermé ses portes dans les dernières années, Louise Makovsky demeure mitigée. « C’est joli, mais ce n’est pas pratique », observe-t-elle en soulignant que la principale qualité de la rue réaménagée est qu’elle lui offre un endroit agréable pour s’assoir lorsqu’elle promène ses quatre chiens.

Elle souligne que pour éviter les collisions entre les piétons et les employés faisant l’aller-retour entre le restaurant et la terrasse, la Casa Grecque a du installer un panneau de signalisation sur mesure. « Ce n’est pas aussi facile d’exploiter une terrasse au centre de la rue », convient le maire Luc Ferrandez qui précise que la nouvelle configuration de la rue posera également des défis pour le déneigement en hiver.

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