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Campagne électorale : les couteaux volent bas

Politique
Le chef du parti Plateau Sans Frontières, Michel Brûlé, s’est résigné la semaine dernière à poser des pancartes en coroplast pour remplacer les affiches en papier qui ont, selon lui, été retirées à la demande du maire Ferrandez. (photo : Simon Van Vliet)

À trois semaines du scrutin, le ton monte dans la campagne électorale municipale alors que trois partis briguent la mairie du Plateau.

Alors qu’un premier (et unique) débat entre les trois candidats à la mairie d’arrondissement, co-organisé par Pamplemousse.ca, Action solidarité grand Plateau et la Maison d’Aurore, est prévu la semaine prochaine, les hostilités, par médias interposés, continuent d’escalader.

L’effet Ferrandez

En campagne sur le Plateau avec son candidat local Zach Macklovitch pour présenter ses engagements en matière de commerce local, le maire sortant de Montréal Denis Coderre y est allé d’une salve contre le maire d’arrondissement sortant Luc Ferrandez.

Fustigeant les mesure d’apaisement de la circulation et les restrictions de stationnement qu’il juge, à l’instar de plusieurs critiques de Projet Montréal, nuisibles au commerce local, Denis Coderre estime qu’un « effet Ferrandez » est à l’œuvre pour étouffer le commerce local sur les artères du Plateau.

Reprenant la balle au bond, Zach Maklovitch, avance que l’inaction de l’administration Ferrandez a contribué au déclin de la rue Saint-Denis, durement affectée par les travaux majeurs de l’an dernier. Cette analyse a été rapidement déboutée par les responsables des trois Sociétés de développement commercial (SDC) du Plateau qui estiment que la situation s’améliore, notamment grâce à la mise en place du fonds de dynamisation des artères commerciales par lequel l’arrondissement finance divers projets de revitalisation menés par les SDC.

L’attaque d’Équipe Coderre contre l’administration sortante fait directement écho aux propos d’un regroupement de résidents et de gens d’affaires du petit Laurier qui dénonçait dans un communiqué récent la « baisse significative de places de stationnement accessibles aux professionnels et commerçants du Petit Laurier », suite à l’introduction de la vignette 151 en 2015.

Repris depuis quelques jours par des partisans de Projet Montréal pour vanter les réalisations de l’équipe sortante, le mot-clic #effetFerrandez avait été lancé à l’automne dernier par Jean-Pierre Szaraz. Aujourd’hui candidat pour Équipe Coderre dans le district de Lorimier, Jean-Pierre Szaraz avait été l’instigateur d’une pétition contre les nouvelles restrictions de stationnement et d’apaisement de la circulation qui avaient suscité une levée de boucliers dans le Petit Laurier en 2015.

La guerre des pancartes (et de mots) continue

« M. Coderre a volé mon idée! », s’amuse par sa part Zoé Dumais, une sympathisante de Projet Montréal qui a lancé la semaine dernière une campagne humoristique en réponse au vandalisme ciblé contre les pancartes de l’équipe du maire sortant. En apposant des autocollants aux messages absurdes signés du mot-clic #lafôteaferNandez, la résidente du district De Lorimier cherche à tourner en dérision les messages violents et haineux apposés par des vandales sur environ 40 % des pancartes de Projet Montréal dans l’arrondissement Plateau Mont-Royal.

Le candidat à la mairie d’arrondissement Michel Brûlé avance pour sa part que le vandalisme sur les pancartes de Projet Montréal « est un coup monté de la part du maire sortant lui-même » qui cherche à « faire diversion du vrai problème à savoir qu’il continue à faire enlever mes affiches ». Après avoir porté plainte à la police, le chef du parti Plateau Sans Frontières s’est résigné la semaine dernière à poser des pancartes en coroplast pour remplacer les affiches en papier qui ont, selon lui, été retirées à la demande du maire Ferrandez.

Accusé par plusieurs critiques d’être un « candidat poteau », en raison d’une absence remarquée en début de campagne, le candidat d’Équipe Coderre à la mairie du Plateau, Zach Maklovitch, a dévoilé les grandes lignes de ses ambitions politiques, et de ses objectifs d’affaires, dans une longue entrevue publiée la semaine dernière dans le magazine CultMTLZach Macklovitch se montre très critique de ce qu’il appelle « l’organisation » Ferrandez qu’il accuse d’entretenir une « mentalité anti-commerce ».

Refusant jusqu’ici de répondre publiquement aux attaques de ses adversaires, le maire sortant se fait quant à lui plutôt discret dans les médias depuis le lancement de la campagne.

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