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Des centaines de cyclistes pour la sécurité routière

Transport
Le premier arrêt de la manifestation a eu lieu à l’angle des avenues des Pins et du Parc où une cycliste de 61 ans a perdu la vie en septembre. (photo : Simon Van Vliet)

Plus de 200 cyclistes ont participé à la masse critique pour la sécurité routière qui s’est arrêtée à plusieurs reprises sur le Plateau samedi..

Organisée par le collectif Vélo fantôme Montréal la manifestation cycliste visait à interpeller les candidats et candidates aux élections municipales du 5 novembre et de souligner l’importance de repenser l’aménagement urbain pour protéger les usagers les plus vulnérables de la rue.

Parmi la foule de cyclistes qui sont rassemblés samedi (28 octobre) au square Philips, notons la présence du candidat d’Équipe Coderre au poste de conseiller de Ville dans le district Jeanne-Mance, Marc-Antoine Desjardins, et celui de la candidate de Projet Montréal au poste de conseillère de Ville dans le district De Lorimier, Marianne Giguère.

Report de la piste des Pins, un geste « honteux »

Après être brièvement revenu sur le débat local de jeudi dernier, le candidat d’Équipe Coderre s’est esquivé tout juste avant le premier arrêt de la manifestation, prévu à l’angle des avenues des Pins et du Parc où une cycliste de 61 ans a perdu la vie en septembre. (Marianne Giguère a pour sa part quitté la manifestation un peu plus loin, après le troisième arrêt de la manifestation à l’angle de Saint-Viateur et du Parc.)

« Il y avait une piste cyclable temporaire qui était prévue juste ici », rappelle la porte-parole de Vélo Fantôme, Gabrielle Anctil, faisant référence au projet d’aménagement reporté cet été par la Ville de Montréal. « Probablement que cette piste cyclable aurait sauvé la vie de Sylvie », ajoute la militante qui qualifie ce report inexpliqué d’un aménagement sécuritaire pour les vélos de « typique » de la part de l’administration montréalaise sortante, qui a été copieusement huée par la foule pour ce geste « honteux ».

Voie Camillien-Houde : 27 ans d’inaction

La manifestation s’est remise en branle via l’avenue des Pins, le boulevard Saint-Laurent et l’avenue du Mont-Royal pour se rendre au pied de la voie Camillien-Houde, à quelques dizaines de mètres du lieu où est survenue au début octobre, une collision mortelle entre le jeune cycliste de compétition Clément Ouimet et un véhicule automobile.

Se tenant aux côtés des gerbes de fleurs déposées à la mémoire du cycliste, Gabrielle Anctil a souligné que « depuis 27 ans, des rapports recommandent de fermer la voie Camillien-Houde au transit automobile ». Précisant que le jeune cycliste était âgé d’à peine 18 ans au moment de son décès, elle ajoute la phrase crève-cœur : « Clément n’était même pas né, et on connaissait déjà le problème et sa solution. »

« Die in » sur Saint-Viateur

Pour le troisième (et dernier arrêt sur le Plateau), les cyclistes se sont immobilisés sur l’avenue du Parc devant le premier vélo blanc installé à Montréal, à la suite du décès de Suzanne Châtelain en 2013 lors d’un emportiérage en pleine heure de pointe.

« J’étais la cycliste qui suivait Suzanne, et donc j’ai assisté à la collision. Ça m’a beaucoup marquée et c’est pourquoi on a tenu à mettre un vélo fantôme sur les lieux. », raconte la cofondatrice du collectif Vélo fantôme, Hélène Lefranc. Des dizaines et des dizaines de cyclistes se sont couchés symboliquement sur la chaussée pour souligner que de trop nombreux cyclistes ont perdu la vie à Montréal depuis l’installation de ce premier vélo fantôme.

La manifestation a ensuite poursuivi son chemin vers l’arrondissement voisin de Rosemont — La-Petite-Patrie, où d’autres décès de cyclistes sont survenus dans les dernières années. Ironiquement, les cyclistes ont emprunté les voies de circulation automobile du viaduc Saint-Laurent/Bellechasse, le seul viaduc entre le Plateau et Rosemont où une piste cyclable en site propre a été aménagée depuis le décès de Mathilde Blais sous le viaduc Saint-Denis en 2014.

[Rectificatif : une première version de cet article indiquait que Marc-Antoine Desjardins et Marianne Giguère faisaient campagne comme conseiller et conseillère d’arrondissement et non comme conseiller et conseillère de ville. Toutes nos excuses pour cette erreur. Pour tout savoir sur le cadre électoral du vote dans l’arrondissement du Plateau-Mont-Royal pour les élections générales du 5 novembre, consultez le site d’Élection Montréal. Nous avions par ailleurs fait une erreur dans le nom de la co-fondatrice de Vélo fantôme, Hélène Lefranc, que nous avions éronnément nommé Hélène Lefèvre. Nous nous excusons de cette erreur.]

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