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Les saillies réduisent les risques, confirme une étude

Transport
Ayant fait de l’apaisement de la circulation uyn de ses principaux chevaux de bataille depuis 2009, Projet Montréal s’est engagé à transformer, dans le cadre d’un éventuel troisième mandat, à aménager des saillies à mi-tronçon sur diverses rues, comme cela a été fait récemment sur la rue Poitvin. (photo ; Simon Van Vliet)

Une étude de la Direction de la santé publique (DSP) de Montréal confirme que les mesures d’apaisement de la circulation réduisent les risques de collision.

Menée dans quatre arrondissements, dont l’arrondissement du Plateau-Mont-Royal, cette étude se penche sur l’effet des saillies de trottoir et des dos d’âne sur le nombre de blessés aux intersections.

Un lien de cause à effet établi

« À notre connaissance, aucune étude n’avait établi une association directe entre la présence de
saillies de trottoirs et la variation du nombre de blessés », note Ronaldo Cândido dans un mémoire de maîtrise présenté en décembre dernier au département de médecine sociale et préventive de l’École de santé publique de l’Université de Montréal.

Les travaux menés par Ronaldo Cândido, en collaboration avec le docteur Patrick Morency qui se penche depuis des années sur les statistiques du bilan routier montréalais à la DSP, ont permis de conclure que l’implantation de saillies de trottoir réduit du quart le nombre de piétons blessés et de moitié le nombre d’occupants de véhicule blessés aux intersections.

Dans une présentation au congrès de l’Association québécoise des transports l’an dernier, les chercheurs avaient montré que le nombre annuel de piétons blessés aux intersections avait diminué de moitié sur le Plateau entre 2000 et 2014. Il s’agit là de la diminution la plus marquée parmi les quatre territoires étudiés.

Réduire la probabilité de collision

À défaut de réduire le risque à la source en diminuant le volume global de circulation automobile, les mesures d’apaisement sur le réseau routier « peuvent réduire la probabilité de collision ainsi que la sévérité des blessures », rappelle la DSP dans un feuillet publié jeudi.

Le document de quatre pages qui résume les conclusions de l’étude est sans équivoque : « Les saillies de trottoirs et les dos d’âne allongés implantés dans le contexte montréalais sont efficaces pour réduire le nombre de piétons et d’automobilistes blessés aux intersections. » Or, la DSP constate que, dans les territoires à l’étude, à peine un quart des intersections avec un volume de piétons très élevé ont fait l’objet jusqu’à présent de mesures d’apaisement.

Engagements électoraux

La poursuite du programme de construction de saillies de trottoir verdies est inscrite dans la plateforme locale de Projet Montréal dévoilée cette semaine. L’équipe de Luc Ferrandez s’engage par ailleurs à transformer un nombre non spécifié « de rues résidentielles choisies » pour y aménager des saillies à mi-tronçon, comme cela a été fait récemment sur la rue Poitvin. Ceci va dans le sens des engagements de Projet Montréal en matière de mise en œuvre de la Vision Zéro à l’échelle de la Ville de Montréal par la réalisation d’« aménagements physiques et géométriques » induisant la réduction de la vitesse.

Rappelons que dans les dernières années, la multiplication des chantiers de saillies dans l’est du Plateau a toutefois occasionné des irritants pour les résidents et des désagréments pour les commerçants.

Équipe Coderre s’engage, pour sa part, à mettre en place « un plan local de déplacement cohérent et sécuritaire » sur le Plateau, mais ne s’avance pas sur des mesures de sécurisation particulières. La plateforme d’Équipe Denis Coderre pour Montréal prévoit miser « sur la sécurité et la fluidité de la circulation », mais n’évoque aucune stratégie d’apaisement de la circulation.

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