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Exclusif : des dépenses électorales illégales dans le Petit Laurier?

Politique
Formée dans la foulée de la mobilisation contre l’introduction de la vignette 151 en 2015, l’Association des résidents et des gens d’affaire du Petit Laurier est en fait un comité mené à l’heure actuelle par une demi-douzaine de personnes. (photo d’archives : Stéphane Desjardins)

Les communiqués émis par l’Association des résidents et des gens d’affaire du Petit Laurier pourraient représenter des dépenses électorales illégales.

Depuis le début de la campagne électorale, deux communiqués ont été publiés sur le fil de presse CNW par l’Association des résidents et des gens d’affaire du Petit Laurier, un regroupement citoyen très critique des politiques de l’administration sortante dans l’est du Plateau.

Des excuses et une rétractation demandée à Luc Ferrandez

Le premier communiqué, émis au début octobre, faisait suite à la publication d’un texte dans lequel Pamplemousse.ca rapportait que le maire d’arrondissement sortant, Luc Ferrandez, accusait le candidat d’Équipe Coderre, Jean-Pierre Szaraz, d’avoir semé la panique dans le Petit Laurier, à l’époque de la saga des vignettes en 2015.

Le communiqué demandait au maire sortant de se rétracter et aux deux candidates de Projet Montréal dans le district de Lorimier de « se dissocier de ce mensonge ». Au cabinet du maire du Plateau, on nous avait confié à l’époque qu’on jugeait cette première sortie « indigne d’attention », en l’attribuant à une « petite poignée de mécontents », associée de près à Jean-Pierre Szaraz.

Michel Pauzé, l’un des principaux porte-parole du regroupement qui a d’ailleurs fait bloc contre Projet Montréal au débat de la semaine dernière dans De Lorimier, explique que l’association est en fait un « comité ad hoc », formé dans la foulée de la mobilisation contre l’introduction de la vignette 151, et qui regroupe à l’heure actuelle une demi-douzaine de personnes, dont plusieurs professionnels du boulevard Saint-Joseph, comme Charles Déziel et Serge Chaussé. Le résident affirme ne pas faire partie du comité local d’Équipe Coderre et soutient que son regroupement n’est pas un véhicule partisan.

Appel à un changement de régime

Dans le second communiqué émis en début de semaine, les professionnels du boulevard Saint-Joseph prennent position pour un « changement d’administration » sur le Plateau et fustigent la « politique néfaste » de l’administration sortante en matière de stationnement et d’apaisement de la circulation.

Serge Chaussé, qui était de passage au débat entre les candidats à la mairie d’arrondissement organisé par CDC Solidarité Grand Plateau mercredi, insiste sur le fait que cette prise de position est représentative l’immense majorité des professionnels ayant pignon sur rue sur le boulevard Saint-Joseph qu’il a consulté dans les dernières semaines.

Une dépense électorale?

Le commerçant refuse de préciser combien a coûté la publication de ces deux communiqués et de dire qui a payé. (Les tarifs de CNW varient grandement selon les types de publications, mais le tarif de base pour les communiqués est de 260 $ pour 400 mots et de 150 $ pour relayer le communiqué sur Twitter.)

« Ce n’est définitivement aucun parti politique [qui paie] », assure-t-il en précisant que les frais sont assumés à titre personnel, mais sans vouloir dire par qui. Serge Chaussé a semblé tomber des nues lorsqu’on lui a fait remarquer que de telles dépenses s’apparentent à une dépense électorale, telle que définie par la Loi sur les élections et les référendums dans les municipalités qui précise par ailleurs que seuls les représentants officiels de partis peuvent engager de telles dépenses.

Les particuliers et les personnes morales « ne peuvent pas intervenir dans le débat électoral si l’intervention engendre un coût et a un effet partisan », confirme Stéphanie Isabelle, relationniste au Directeur général des élections du Québec (DGEQ), qui précise cependant qu’elle « ne peut pas se prononcer sur des cas précis » pendant la période électorale.

Bien que les contrevenants soient passibles d’amendes assez salées en vertu de la loi, la relationniste explique, qu’après analyse, il est possible que le DGEQ décide d’envoyer simplement « une lettre de mise en garde » aux personnes concernées.

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