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À qui appartient la mémoire de Fredy Villanueva?

Culture
Fredy Villanueva est l’une des nombreuses victimes commémorées lors de la vigile de la Coalition justice pour les victimes de bavures policières qui se tient annuellement devant les bureaux de la Fraternité des policiers et policières de Montréal sur la rue Gilford. (photo d’archives : Simon Van Vliet)

Alors que la pièce Fredy reprend l’affiche ce soir à la Licorne, légitimité de l’oeuvre d’Annabel Soutar de la compagnie Porte Parole est mise en cause.

La première mouture de la pièce, qui revient sur la mort de Fredy Villanueva et l’enquête qui s’en est suivie, avait déjà fait des vagues l’an dernier.

Un malaise persistant

Saluée par la critique qui soulignait la contribution de la pièce à une nécessaire réflexion sur les causes et circonstances du décès du jeune homme abattu par un policier du SPVM en août 2008 à Montréal Nord, l’oeuvre avait été critiquée par des proches de la famille Villanueva qui y voient aujourd’hui une usurpation de la mémoire de celui qui, après avoir perdu la vie dans des circonstances tragiques, a donné son nom à une pièce de théâtre documentaire.

Si la première version de la pièce avait connu un certain succès, elle n’en demeurait pas moins controversée.

D’ailleurs, une certaine dissidence était exprimée à l’intérieur même de l’oeuvre par Ricardo Lamour, un militant impliqué dans le comité de soutien à la famille Villanueva qui s’est depuis dissocié de la pièce et de son auteure.

Une remise en scène qui ne passe pas

Sur sa page Facebook, l’acteur qui incarnait le coroner André Perrault, dont le rapport d’enquête a été rendu public il y a 4 ans presque jour pour jour, a réagi vivement à une récente entrevue d’Anabel Soutar publiée dans La Presse+.

Alexandre Popovic, un militant de la Coalition contre la répression et les abus policiers qui a suivi et analysé en détail l’enquête sur les causes et circonstances de la mort de Fredy Villanueva, a pour sa part tenu à rectifier certains faits concernant la controverse suscitée par le remontage de la pièce.

Celui qui a fait l’intermédiaire entre la dramaturge et la famille Villanueva par le biais du comité de soutien dénonce ce qu’il qualifie de mensonges et d’hypocrisie de la part d’Annabel Soutar qui défend sa décision de remonter l’oeuvre malgré l’opposition exprimée de la mère de Fredy Villanueva à la diffusion de la pièce.

Des tensions à vif

Alors que la commémoration du dixième anniversaire de la tragédie, les tensions demeurent vives tant à Montréal-Nord qu’à Montréal, comme en témoignent les réactions tranchées à la demande réitérée récemment de réaliser une murale à la mémoire de Fredy Villanueva dans le parc Henri-Bourassa.

« Il est plus facile de faire circuler une pièce “délégitimée” dans nos maisons de la culture et espaces de diffusion que d’avoir une murale et mémorial permanent en mémoire de la personne dont s’inspire la pièce “délégitimée” », s’indigne Ricardo Lamour qui reproche aux journalistes de donner « principalement la parole à celle qui métabolise la critique » et qui capitalise sur la controverse pour mousser la promotion de sa pièce.

Fredy Villanueva est l’une des nombreuses victimes commémorées lors de la vigile de la Coalition justice pour les victimes de bavures policières qui se tient annuellement devant les bureaux de la Fraternité des policiers et policières de Montréal sur la rue Gilford.

À lire également : Fredy : Annabel Soutar défend l’oeuvre et appelle au dialogue

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