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Une certification LEED pour La Géode

Immobilier
Le projet La Géode s’est vu délivrer la plus haute certification écologique au pays par le Conseil du bâtiment durable du Canada. (photo : Adrien Williams, courtoisie de Knightsbridge

L’immeuble résidentiel situé au 4341, rue de la Roche est le premier édifice multirésidentiel au Canada à obtenir une certification LEED v4 Platine.

Le projet, qui figurait sur la liste des finalistes aux prix d’excellence en architecture 2017, s’est ainsi vu délivrer en janvier la plus haute certification écologique au pays par le Conseil du bâtiment durable du Canada (CBDCa).

Étant donné qu’il s’agit du premier projet résidentiel de type plex a obtenir cette certification, il a fallu plusieurs mois au CBDCa pour évaluer le projet et émettre la certification. (Le statut du projet n’a d’ailleurs pas encore été mis à jour sur le site de l’organisme, mais le projet la Géode figure parmi la liste des leaders du LEED V4.)

Un projet de « densification douce »

Le promoteur KnightsBridge qui a réalisé une vingtaine de projets résidentiels certifiés LEED à Montréal, dont l’immeuble «LIFA» situé au 4476 avenue Papineau, a entamé en 2015 un projet de démolition d’un petit immeuble de type shoebox datant de la fin du 19e siècle pour construire un complexe multirésidentiel contemporain.

L’ancien bâtiment, surnommé la « petite maison en pain d’épice » en raison de sa façade atypique chapeautée d’un toit à pignon, était en « très mauvais état » et le terrain était contaminé, explique Jean-Philippe Grenier, conseiller en urbanisme chez KnightsBridge.

La démolition de ce bâtiment délabré abritant deux logements en un complexe de six logements neufs s’inscrit dans une approche de « valorisation » des espaces disponibles et de « densification douce » dans les quartiers centraux montréalais, ajoute Jean-Philippe Grenier.

Démolition contrôlée

Le comité de démolition, qui s’est penché sur le projet en mars 2015, avait conclu que le bâtiment ne correspondait plus aux normes architecturales ou urbanistiques.

« Le bâtiment original a subi des modifications majeures au fil du temps et a subi à quelques reprises des travaux d’agrandissement de mauvaise qualité. Par conséquent le bâtiment possède très peu de ses composantes d’origine visibles et a perdu son intégrité architecturale. Les rénovations successives sur la façade (fausses mansardes, faux toit, oriel, marquise) ont accéléré sa dégradation en plus d’en dénaturer le style », peut-on lire dans la présentation au comité de démolition qui recommandait la démolition complète du bâtiment et observait que le secteur présente un « fort potentiel de densification ».

Dans sa décision autorisant la démolition, la présidente du comité de démolition Marie Plourde indiquait que « la perte de l’immeuble est compensée par le projet de remplacement ».

Le promoteur a donc procédé à la démolition de l’édifice et à la décontamination des sols. « On a trié tous les matériaux », explique Jean-Philippe Grenier qui souligne que le tri et le recyclage des matériaux à l’étape de la démolition sont la base de l’approche de construction durable du promoteur.

Plus vert, mais plus cher

Conçu avec une « expertise locale », dont celle de la firme d’architecture de paysage Turquoise design qui a également travaillé sur le premier projet de logement étudiant de l’UTILE, le projet s’est développé suivant les plus hauts standards environnementaux de construction : de l’approvisionnement en matériaux « relativement locaux » au respect des normes d’efficacité énergétique les plus strictes.

« C’est systématiquement plus cher », reconnait le conseiller en urbanisme chez KnightsBridge, Jean-Philippe Grenier. Les coûts plus élevés à l’acquisition sont cependant absorbés, à terme, grâce aux économies d’énergie et à la plus grande durabilité des matériaux et du mobilier, assure-t-il.

« C’est comme une bonne paire de bottes de randonnée », illustre le conseiller en urbanisme qui fait valoir que des bottes moins cher, faites avec des matériaux bon marchés et souvent importées de l’autre bout du monde, coûtent peut-être moins cher, mais sont aussi inévitablement de moindre qualité.

Livrées en 2017, les cinq unités ont d’ailleurs tout de suite trouvé preneur. L’une des unités a été achetée par un couple qui a vendu sa maison en banlieue pour déménager au cœur du Plateau. Une autre a été achetée par une famille originaire de la Colombie-Britannique. La majorité des acheteurs étaient des locataires du Plateau qui souhaitaient demeurer dans le quartier, note Jean-Philippe Grenier.

Étant donné que le projet a été réalisé de plein droit, il n’a toutefois pas été soumis à la politique locale d’inclusion qui prévoit que tout projet de 5 unités et plus doit comporter au moins 20 % de logements sociaux ou abordable.

La qualité architecturale pour améliorer le cadre urbain?

Le territoire, dont la densité croissante limite les possibilités de développement immobilier, représente un terreau fertile pour l’implantation d’un projet architectural de haute qualité comme celui de La Géode qui est d’ailleurs conçu pour s’intégrer au cadre urbain dynamique du Plateau.

« Les règlements d’urbanisme du Plateau sont plus sévères », observe Jean-Philippe Grenier. « On a aussi des voisins souvent très impliqués », ajoute-t-il. Bien que ces facteurs entraînent davantage de délais et de risques pour les promoteurs, ils favorisent une meilleure intégration architecturale et sociale de projets immobiliers, pour autant que les promoteurs s’en donnent la peine.

Dans la foulée de l’implantation de La Géode qui a une façade en ruelle en plus de la façade principale sur la rue de la Roche, le promoteur a par exemple développé, de concert avec le voisinage, un projet de ruelle verte. Le projet n’a toutefois pas été retenu par l’arrondissement, car la collecte des matières résiduelles dans le secteur se fait par la ruelle, indique Jean-Philippe Grenier.

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