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Cette montagne… que l’on aime depuis si longtemps

Histoire
Panorama de la montagne et de l’Université McGill. (Image: archives de l’Université McGill)

L’actualité de la semaine tourne beaucoup autour de notre montagne, en plaidant le pour ou le contre d’y circuler en voiture pour la traverser.

Depuis Jacques Cartier avec son Hochelaga; ou De Maisonneuve avec sa croix; tous un chacun veut la dompter ou la domestiquer.  La première intervention importante digne de ce nom est constituée par la volonté de l’administration municipale, en 1874, de créer un parc de qualité pour le bénéfice des montréalais; mais également afin de freiner la sur-utilisation de ce territoire par des intérêts privés.

On s’adresse alors à l’architecte de paysage le plus célèbre du moment, Frederick Law Olmsted (1822-1903) le créateur de Central Park à New-York.

Tiré de The World’s Work, vol. VI, no 6, octobre 1903, p. 3838.

Olmsted crée alors le magnifique parc que l’on connaît.  Mais cela ne fut pas de tout repos.  Mes courtes recherches pour cette chronique m’ont fait atterrir sur un document préparé par Monsieur Daniel Chartier, architecte du paysage à la Ville de Montréal, qui a consacré plusieurs années de sa pratique professionnelle aux soins du mont Royal.

Ce document rassemble les notes et les échanges d’Olmsted avec différentes personnes ou collaborateurs.  On y retrouve une bonne description des aléas, problèmes, solutions proposées, etc. qui furent le lot de son travail sur la montagne.  Pour les curieux, où pour ceux et celles qui souhaitent connaître les “dessous” de l’aménagement du parc, je vous invite à lire les notes d’Olmsted. (adresse suivante).  C’est assez fascinant de le voir se débattre, suggérer, mettre en garde.

Olmsted était fasciné, depuis son tout premier contact avec le mont Royal, par cette montagne au coeur de la ville et par les points de vue qu’elle offrait aux gens qui faisaient l’effort de “l’escalader”.  Il décida donc que la base de son concept d’aménagement serait justement la mise en place d’une promenade au coeur de la “nature” de la montagne, dans cette conquête afin d’atteindre son sommet.

L’idée directrice du travail d’Olmsted s’énonce ainsi : Une lente montée de la montagne, de son pied jusqu’au sommet, en traversant une série de paysages « naturels », artistiquement orchestrés pour charmer l’âme du promeneur.

Mais cette belle montagne est convoitée par divers usages.  L’illustration suivante (1897) nous montre un panorama de l’Université McGill et en même temps, le profil de la montagne en cette fin du dix-neuvième siècle. On peut distinguer que des bâtiments hospitaliers, diverses villas, un grand funiculaire et son escalier ainsi qu’un petit bâtiment faisant office de point d’observation sur la ville, ont déjà investis les lieux.

Panorama de la montagne et de l’Université McGill. (Image: archives de l’Université McGill)

Au-dessus du campus on distingue dans la montagne, à gauche, le chalet des frères Maxwell (observatoire) et à droite, le poste d’observation du funiculaire et le grand escalier qui lui sert d’appoint. (Détail de l’Image: archives de l’Université McGill)

Si Olmsted avait effectivement appuyé l’idée d’un funiculaire lors de son engagement en 1874, il s’en est par la suite dissocié avec une vigueur toujours croissante. Tous les documents postérieurs à sa lettre d’engagement démontrent qu’Olmsted voulait avant tout créer (comme nous l’avons vu plus avant) : Une lente montée de la montagne, de son pied jusqu’au sommet, en traversant une série de paysages « naturels », artistiquement orchestrés pour charmer l’âme du promeneur.

Le funiculaire, aménagé de 1885 à 1918 offrait malgré tout une façon simple et facile de se rendre au sommet de la montagne et d’y admirer le panorama de la ville. Relire la chronique qui traite de ce sujet.

Le funiculaire de la montagne. (Photo: archives Musée McCord)

Cela a pris plusieurs années après la disparition du funiculaire afin que les montréalais puisse à nouveau  “envahir” la montagne, grâce au tramway.

On parle aujourd’hui de la voie Camillien-Houde comme d’un “parkway” proposé par la firme new-yorkaise Gilmore Clarke & Michael Rapuano.  Ces derniers étaient venus conseiller la Ville de Montréal entre 1954 et 1959.  On dit que les éléments principaux de leur héritage consiste  justement dans cet aménagement de la voie panoramique Camillien-Houde, les stationnements autour de la maison Smith et les échangeurs Parc /des Pins et celui de Côte-des-Neiges/Remembrance.

Toutes des choses qui sont soit disparues; ou en voie de disparaître.

Le tracé des voies ferrées du tramway de la montagne a servi d’assise à la mise en place de la voie Camillien-Houde. (Photo: archives de la STM)

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