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Budget 2019 : payer l’épicerie avec son épargne?

Politique
Le stationnement est la principale source de revenus autonome de l’arrondissement. (photo d’archives : Simon Van Vliet)

Faute d’alternatives, l’arrondissement du Plateau-Mont-Royal puisera dans ses surplus pour équilibrer son budget de 55,4 M$.

C’est ce qu’a laissé savoir le maire d’arrondissement, Luc Ferrandez, lors de la séance extraordinaire du conseil d’arrondissement du Plateau-Mont-Royal du 2 octobre dernier.

La fausse bonne idée

Il explique avoir pris, à regret, la décision d’affecter 1,6 M$ des fonds de réserve pour financer les dépenses courantes en 2019.

« Ce qu’on a décidé de faire, c’est de se servir des surplus de l’arrondissement pour payer l’épicerie », illustre-t-il. Reconnaissant d’emblée que ce n’est « pas une bonne idée », Luc Ferrandez estime que la réalité financière de l’arrondissement ne laisse aucune marge de manœuvre pour maintenir les services avec les revenus actuels.

« Il y a eu de petites coupures [de services], ne nous en cachons pas », reconnaît d’ailleurs le maire d’arrondissement qui explique qu’avoir encore prévu des rationalisations de près de 450 000 $ l’année prochaine pour réduire le manque à gagner dans les revenus.

Bientôt la fin de la RFA?

Les transferts de la ville-centre sont « en chute libre », fait valoir le maire d’arrondissement qui rappelle que la réforme du financement des arrondissements (RFA) privera l’arrondissement de quelque 750 000 $ de revenus dans son budget 2019, selon les chiffres présentés en conseil.

Instaurée par l’administration de l’ancien maire Denis Coderre en 2015, la RFA devrait être abolie au terme de l’exercice de révision de la fiscalité résidentielle et commerciale à Montréal par l’administration Plante-Dorais. Luc Ferrandez dit espérer que la RFA sera retirée d’ici 2020, car il ne restera plus, au terme de l’exercice 2019, que 2,2 M$ en réserve à l’arrondissement.

Les revenus locaux au point limite

Même les quelque 10 M$ d’espace fiscal, un revenu constitué d’une fraction des revenus de taxes foncières dédiées à l’arrondissement, ne suffisent pas à équilibrer le budget.

Dans l’état actuel des choses, il est impensable d’augmenter les revenus locaux dans les prochaines années, estime le maire d’arrondissement. « On est arrivé à la limite de l’augmentation de nos revenus locaux », explique-t-il.

Il note que les revenus propres de l’arrondissement ont plafonné aux alentours de 8 M$ et qu’il est impossible pour l’instant de prévoir de nouvelles sources ou des augmentations de revenus locaux.

Livrant une fausse confidence, en forme de boutade à l’opposition qui lui reproche d’avoir introduit des taxes déguisées avec les nouvelles vignettes de stationnement, Luc Ferrandez précise : « Je ne vous mens pas [en vous disant] que c’est les stationnements qui sont les plus payants. » Les revenus de stationnement représentent la part du lion de revenus autonomes de l’arrondissement et, vu le caractère polémique de toute décision touchant de près ou de loin le stationnement automobile, ces revenus ne risquent pas d’augmenter de sitôt.

Questions d’équité?

Le budget a été adopté après une brève période de questions. Deux habitués du conseil, Richard Phaneuf et Pierre Pagé, ont questionné le conseil sur le budget.

« Jeanne-Mance a le tiers de la population, presque le tiers des enfants, 50 % des personnes âgées », mais ne reçoit que 10 % des budgets de soutien aux organismes de loisirs, a affirmé Richard Phaneuf, fidèle défenseur des intérêts de Milton-Parc au conseil.  « C’est le dossier prioritaire sur lequel on travaille en sports et loisirs », a insisté la conseillère d’arrondissement du district Jeanne-Mance, Maeva Vilain, qui dit travailler de près avec l’Association récréative de Milton-Parc pour améliorer les services et les infrastructures de loisirs communautaires dans ce secteur.

Pierre Pagé, résident du Mile-End et porte-parole de l’organisme Montréal pour tous, qui plaide notamment pour un allègement fiscal pour les locataires et propriétaires occupants de longue date et les plus démunis, affirme pour sa part que « l’élastique ne peut plus être étiré » en matière de taxes foncières.

Il dit espérer qu’un éventuel transfert d’un point de pourcentage de la TVQ aux villes promis par les quatre principaux partis pendant la campagne électorale provinciale qui s’est terminée le 1er octobre permettra de donner à la Ville de Montréal l’oxygène qu’elle réclame. Et que la ville transférera aux contribuables une partie de cet oxygène.

À lire prochainement : notre analyse du plan triennal d’immobilisations de l’arrondissement et notre compte-rendu de la séance ordinaire du conseil du 2 octobre.

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