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Les changements climatiques s’invitent au conseil

Environnement, Politique
Si la lutte aux îlots de chaleur peut passer par la déminéralisation, elle passe également par le maintien des boisés urbains comme la Jardin Notman dont l'avenir demeure incertain.
Si la lutte aux îlots de chaleur peut passer par la déminéralisation, elle passe également par le maintien des boisés urbains comme le Jardin Notman. (photo : archives Simon Van Vliet)

Plusieurs interventions ont ramené la question des changements climatiques à l’avant-plan lors de la séance ordinaire du conseil d’arrondissement du 2 octobre dernier.

« La Ville de Montréal est devenue propriétaire du Jardin Notman à partir du 27 août dernier », a annoncé le conseiller Alex Norris à l’ouverture du conseil.

La préservation de ce boisé urbain centenaire fait l’objet d’une lutte de longue date dans Milton-Parc, en raison de sa valeur patrimoniale, mais aussi de ses fonctions écologiques importantes.

Une « consultation éclair » se tiendra le 25 octobre pour discuter du potentiel de mise en valeur de ce nouvel espace public qui comporte de nombreux arbres matures qui contribuent à améliorer l’indice de canopée dans ce secteur très densément bâti et adjacent au centre-ville. Toutefois, l’élu précise qu’il s’agit de discussions préliminaires qui n’engageront pas nécessairement l’arrondissement à long terme.

De l’approvisionnement responsable à l’aménagement durable?

Un résident de la rue Sainte-Famille s’est présenté au conseil pour féliciter l’arrondissement sur l’adoption d’une politique d’approvisionnement responsable en avril dernier. Un autre citoyen, Louis Ramirez, a demandé au conseil s’il prévoyait soumettre des propositions dans le cadre du programme Municipalités pour l’innovation climatique de la Fédération canadienne des municipalités qui finance notamment des activités d’éducation à l’environnement.

« Vous avez raison de signaler l’urgence d’agir », lui a répondu le maire d’arrondissement, Luc Ferrandez. En invitant le citoyen à lui faire part de ses propositions pour l’appel de projets, il souligne que son administration mise davantage sur l’action urbaine que sur l’éducation populaire. Dans un accès de candeur, il a résumé sa méthode pour adapter la ville aux bouleversements climatiques : « D’abord l’action, et ensuite la communication sur l’action. La contrainte, ensuite la communication sur la contrainte. »

Si la « méthode Ferrandez » a ses qualités comme l’a souligné récemment Patrick Lagacé dans une récente chronique, elle a aussi ses défauts, comme n’a pas manqué de le relever Luc Martin qui était de retour au conseil avec des questions sur le réaménagement de la piste Clark.

La « méthode Ferrandez » critiquée

Le citoyen a quelque peu déstabilisé le maire Ferrandez en l’interrogeant sur l’empreinte carbone de la construction du terre-plein de ciment d’un kilomètre pour séparer la piste cyclable de la rue. Revenant sur les problèmes de planification qui ont notamment forcé la démolition et la reconstruction du muret de béton, il s’en est pris à l’empressement de la Ville à imposer des décisions d’aménagement « qui ont un impact sur notre qualité de vie » et dont les effets seront « permanents ».

Reconnaissant que le projet ni « parfait » ni « idéal », Luc Ferrandez a insisté pour dire que l’aménagement permettrait à la fois de sécuriser la piste et de la rendre praticable à longueur d’année et de procéder à la plantation d’une centaine d’arbres.

« Il faut préparer la ville à vivre avec des augmentations de température importantes », s’est justifié le maire Ferrandez qui rappelle que, pour compenser les hausses prévues de température dans les villes, il faudrait viser atteindre un indice de canopée de 40 %.

Luc Martin lui a rétorqué qu’il doutait de la capacité des arbres à parvenir à maturité et de contribuer à augmenter significativement l’indice de canopée, vu la faible profondeur du terre-plein.

Open door : le débat s’enlise

Plusieurs interventions sur l’arrivée prochaine du refuge Open Door sur l’avenue du Parc ont également été posées au conseil, reprenant essentiellement les mêmes préoccupations que celles déjà exprimées le mois dernier.

« C’est vraiment un problème d’une grande complexité », a souligné la conseillère d’arrondissement de Jeanne-Mance Maeva Vilain. Elle rappelle que le refuge est destiné à offrir des services et du soutien aux « gens les plus démunis de notre société », notamment les itinérants d’origine inuite déjà très présents dans le secteur.

« Une de nos priorités c’est de leur donner un minimum de ressources », insiste la conseillère qui s’engage à mettre sur pied « un comité de bon voisinage » qui permettra aux résidents et aux commerçants du secteur de pouvoir échanger avec les intervenants en itinérance et, si possible, avec les personnes en situation d’itinérance elles-mêmes.


Il est possible de consulter en ligne les sommaires décisionnels de la séance ordinaire du conseil, ainsi que ceux des séances extraordinaires sur le budget 2019 et le Programme triennal d’immobilisations. La Webdiffusion des trois séances est également archivée sur le site de WEBTV.

Lire aussi : Budget 2019 : payer l’épicerie avec son épargne?

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