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Milton-Parc : sous les grattes-ciels, les racines

Économie, Vie de quartier
Le président de l'IPAM, Dimitri Roussopoulos, cofondateur de la Communauté Milton-Parc et militant de longue date pour la démocratie participative à l'échelle municipale, a tenu à souligner le danger « extrêmement important » que représenterait une centralisation accrue des pouvoirs entre les mains du maire de Montréal.
Dimitri Roussopoulos, cofondateur de la Communauté Milton-Parc et militant de longue date pour la démocratie participative à l’échelle municipale. (photo d’archives : Simon Van Vliet)

Le Comité des citoyennes et citoyens de Milton-Parc (CCMP) organise le samedi 3 novembre prochain une conférence sur le développement immobilier communautaire.

Organisée dans le cadre du 50e anniversaire du Comité des citoyens de Milton Parc (CCMP) et du 30e anniversaire de la Communauté Milton-Parc (CMP), la conférence a pour thème « À nous le quartier » et se penchera sur le contrôle communautaire du logement et sur le potentiel de l’économie solidaire pour transformer le développement urbain.

Un modèle à (re) découvrir

La CMP demeure un modèle encore méconnu de développement immobilier communautaire, déplore Dimitri Roussopoulos, qui a été un militant des premières heures du projet, il y a 50 ans.

L’initiative, unique à Montréal, « est plus connue en Europe qu’ici », s’étonne-t-il.

Regroupant une vingtaine de coopératives et d’organismes à but non lucratif et gérant un parc de 1 500 logements établis sur une fiducie foncière au coeur du quartier Milton-Parc, la CMP demeure à ce jour le plus grand projet d’habitation communautaire en Amérique du Nord.

« L’un des grands accomplissements du projet Milton-Parc a été d’abolir la propriété privée », fait valoir le coprésident du CCMP. Les terrains sur lesquels sont établis les logements de la Communauté Milton-Parc appartiennent collectivement – et à perpétuité – à la communauté à travers la fiducie foncière.

Du logement social au droit à la ville

Ce modèle de propriété anti-spéculative montre qu’il est possible d’« établir un contrôle communautaire démocratique sur des terrains dans une ville », estime Dru Oja Jay.

L’auteur et activiste, qui animera l’un des deux principaux panels prévus au programme de samedi, voit dans la conférence une opportunité de « parler en même temps de la crise du logement et de la crise économique », et d’explorer les pistes de solutions que propose l’économie sociale et solidaire pour remédier à l’une et à l’autre.

Les « soi-disant développeurs », qui sont à l’origine des grands projets immobiliers privés, « ont une influence disproportionnée sur l’économie urbaine », s’insurge Dimitri Roussopoulos. Sans leviers pour contrecarrer ces projets ou pour mitiger leurs impacts, les communautés se trouvent souvent à la merci des autorités municipales qui, trop souvent, se plient aux demandes des promoteurs, déplore l’activiste qui s’intéresse depuis longtemps à la gouvernance municipale et milite pour le droit à la ville.

Au modèle de développement urbain traditionnel, qui repose en grande partie sur la spéculation immobilière, la CMP oppose depuis 50 ans un modèle alternatif, qui consiste à retirer du marché spéculatif des terrains et des immeubles pour en faire des leviers de développement communautaire et de promotion du droit à la ville. Cette approche représente, selon Dimitri Roussopoulos, une piste pour faire de la communauté « acteur majeur de développement » à Montréal et ailleurs.

La conférence de samedi sera l’occasion de faire le point sur ce modèle et sur son potentiel, notamment dans les grands projets urbains à venir dans le quartier, comme celui de la réaffectation de l’Hôtel-Dieu, explique le militant.

L’ensemble hospitalier attenant au parc Jeanne-Mance, qui sera vacant d’ici 2021, fait l’objet d’un projet de redéveloppement communautaire dans lequel la communauté Milton-Parc s’implique depuis plusieurs années.

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