Publicité

LA RUE SAINT-DENIS – 200 ANS D’HISTOIRE

Communiqués, Commandité
L’architecture de la rue Saint-Denis demeure un atout majeur pour son développement. (Photo: DollarPhotoClub)

(Communiqué) Montréal, le 10 octobre 2018 –  Ça bouge sur la rue Saint-Denis ! La Société de Développement Commercial (SDC) rue Saint-Denis souligne les 200 ans d’histoire de la rue Saint-Denis!

Le 11 octobre, on fête sur la rue Saint-Denis!

La SDC rue Saint-Denis vous convie à célébrer les 200 ans d’histoire de la rue Saint-Denis.

Afin de souligner l’événement, la SDC rue Saint-Denis vous invite JEUDI LE 11 OCTOBRE à venir chercher gratuitement sur la rue Saint-Denis, entre 17h et 19h, votre cupcake anniversaire. Sept cents cupcakes seront remis, beau temps, mauvais temps, par une équipe de serveurs en queue de pie qui assureront la distribution tout au long du segment de 1,4 km de la rue Saint-Denis, entre les rues Gilford et Roy. Premiers arrivés, premiers servis !

Profitez de l’occasion pour visiter nos commerçants et souhaitez-leur un joyeux anniversaire, puisque c’est grâce à eux que la rue Saint-Denis demeure l’une des rues commerciales de Montréal les plus réputées à travers le monde !

Cette activité s’inscrit dans une programmation plus élaborée dont le dévoilement viendra plus tard.

La rue Saint-Denis a été créée en 1818 sur la terre de Denis Viger et a été nommée ainsi en l’honneur de son saint patron. Pendant près d’un siècle, elle poursuit son développement jusqu’à l’avenue Laurier. Elle est aujourd’hui, avec l’avenue du Mont-Royal Est, l’une des artères commerciales principales du Plateau-Mont-Royal, se retrouvant au cœur de l’île de Montréal.

Accès par les métros Laurier, Mont-Royal et Sherbrooke.

La SDC rue Saint-Denis souhaite remercier ses partenaires : l’arrondissement du Plateau-Mont-Royal et Desjardins Caisse du Plateau-Mont-Royal.

Un brin d’histoire

La rue Saint-Denis, cette grande dame urbaine, a maintenant 200 ans. Elle a joué et joue encore un rôle fondamental dans l’histoire du Montréal francophone et cela depuis 1818. L’historien Jean-Claude Robert souligne, dans l’histoire des grandes rues de Montréal (en ligne), « son triple statut d’axe de communication, de pôle culturel et institutionnel qui lui donne une centralité et une importance historique très grandes ».

Le premier tronçon est offert à la Ville le 15 août 1818 par Louis-Joseph Papineau et sa tante Périne-Charlotte Cherrier, veuve de Denis Viger, aux conditions d’aménager un marché public qui portera le nom de Viger et de construire un pont qui enjambera la rivière Saint-Martin, canalisée plus tard sous la rue Saint-Antoine. Ainsi, le début de la rue Saint-Denis, dont le nom honore son saint patron, est relié au commerce.

La proximité du quartier francophone incitera à la construction en 1823 de l’église Saint-Jacques, qui deviendra officiellement cathédrale en 1836. Reconstruite après trois incendies, il n’en reste aujourd’hui que le clocher et le transept sud intégrés à l’UQAM.

La rue, développée par segments, prendra plus de cent ans à traverser toute l’île de Montréal. D’abord de la rue Saint-Antoine à la rue Sainte-Catherine, elle atteindra la rue Sherbrooke en 1848, la rue Roy en 1870, la rue Duluth et l’avenue du Mont-Royal peu après. Un tramway hippomobile en 1874, puis un tramway électrique après 1892 favoriseront le développement du secteur. Vers 1915, la rue est construite du bas de la Ville jusqu’à la rue Laurier. Elle s’étendra progressivement aux voies ferrées et à la rivière des Prairies au cours des deux décennies suivantes.

Le marché Viger en activité jusqu’en 1857 est aménagé en square et planté d’arbres dès 1848, orné de deux fontaines dont l’une, la fontaine Lacroix datant de 1850, sera installée au square Saint-Louis en 1931 lors du percement de la rue Berri; sa vespasienne, construite la même année, sera réinstallée au square Saint-Louis en 1980.

Le square Viger deviendra un lieu de promenade très prisé des Montréalais et l’élite de la bourgeoisie canadienne-française s’établira aux alentours. Le grand incendie de 1852, aggravé par la fermeture temporaire du réservoir du square Saint-Louis, détruisit la majorité du quartier francophone à l’est de la rue Saint-Laurent. On reconstruit alors sur la rue Saint-Denis de nouvelles maisons unifamiliales à trois étages et en rangée, avec façade de pierre grise.

Un noyau institutionnel important se formera autour de l’église Saint-Jacques et de grands établissements d’enseignement s’implanteront dans ce qui deviendra le Quartier latin : l’Université Laval à Montréal en 1895, l’École Polytechnique en 1905 et, tout près, l’École des Hautes Études Commerciales en 1910. La bibliothèque Saint-Sulpice suivra en 1915 et le théâtre Saint-Denis en 1916. Près de la rue Sherbrooke, d’autres établissements d’enseignement existaient déjà : l’Institut des Sourdes-Muettes (1864), l’Académie Saint-Louis de Gonzague et l’école Olier (1878), le Mont Saint-Louis (1887) et l’école Aberdeen (1894).

Au fil des décennies, entre 1880 et 1910, la bourgeoisie canadienne-française essaimera plus au nord, sur les rues Sherbrooke, Cherrier, Saint-Denis et au square Saint-Louis, et formera un quartier prestigieux.  Après la Première Guerre mondiale, cette bourgeoisie se déplacera vers Outremont et l’Université de Montréal sera construite sur le flanc nord du Mont-Royal. La rue Saint-Denis change : les grandes maisons deviennent maisons de chambres ou tourist rooms; des commerces et des restaurants s’installent aux rez-de-chaussée. L’arrivée de l’UQAM en 1979 et du Cégep du Vieux Montréal redonnera une nouvelle vitalité au Quartier latin.

Au nord de la rue Roy jusqu’à l’avenue du Mont-Royal, la rue Saint-Denis dont la construction s’échelonne surtout de 1880 à 1910 est d’abord résidentielle avec une population constituée de diverses classes sociales. Des professionnels y ouvriront des bureaux : médecins, dentistes, architectes, avocats, professeurs de musique, promoteurs, etc. Vers 1905, le grand magasin à rayons d’Arsène Lamy s’installe au coin de Duluth et connaît beaucoup de succès pendant près de deux décennies.

Vers 1920, quelques commerces de proximité commencent à ouvrir en rez-de-chaussée : tabagies, buanderies, pâtisseries françaises, banques, pharmacies et petits restaurants. Quelques années plus tard, pour le divertissement, s’établiront la Société d’opérette et des cinémas comme le Rex, le Midi-Minuit ou la salle du Stella. Le Rex est occupé maintenant par le Théâtre d’aujourd’hui et le Stella par le Rideau Vert.

Sa vocation d’enseignement se confirme encore avec l’École de l’automobile (1955), l’Institut de tourisme et d’hôtellerie (1974) et, plus au nord au cours des dernières décennies, l’École nationale de théâtre, les Grands Ballets canadiens, sans oublier bon nombre d’écoles privées disparues avec le renouveau de l’éducation au Québec.

Pendant plus de cinq décennies, ses grandes maisons accueilleront surtout des chambreurs. La rue est sombre, déserte. Un renouveau commercial se fera sentir avec l’arrivée de commerces qui donneront un élan remarquable à la rue dont, entre autres, Arthur Quentin (1975), le marché Tau (1978) l’Express et Auprès de ma blonde (1980), Marcel Proulx, fleuriste, le Futon d’or et le Valet de cœur (1981), et bien d’autres dont plusieurs librairies, petits cafés et terrasses. Elle devient un lieu de promenade, de magasinage et de restauration pour qui recherche un art de vivre à l’européenne.

Il faudrait tout un livre pour raconter sa vie culturelle, ses écrivains, poètes, journalistes, éditeurs, peintres, sculpteurs, stylistes, qui l’ont soit habitée, soit fréquentée. Son style a été copié, le marché a fluctué, mais nul doute que sa personnalité unique liée à son histoire peut être une inspiration pour sa continuité.

Source : Huguette Loubert, Centre de documentation et d’archives Société d’histoire du Plateau

Vos commentaires
loading...