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Vers un modèle SMART au Québec?

Économie
Une rencontre tenue vendredi (26 octobre) à la coopérative Temps libre, dans le Mile End, a permis de cerner les besoins des travailleurs autonomes d’ici et de prendre la mesure des défis que représenterait l’implantation d’une cellule de SMART au Québec. (photo tirée du fil Twitter de SMART)

Implantée en Europe depuis 20 ans, la coopérative belge SMART, qui unit des travailleurs autonomes, tâte le terrain pour s’exporter au Québec.

La coopérative belge cherche à réconcilier la protection sociale et une vraie dynamique entrepreneuriale en mettant des services et des ressources à la disposition des travailleurs autonomes : de la gestion de contrats à la facturation et au recouvrement en passant par l’opération d’espaces de coworking. SMART compte près de 20 000 membres dans une dizaine de pays européens et envisage maintenant de s’implanter au Québec.

Une rencontre tenue le vendredi 26 octobre dernier à la coopérative Temps libre, dans le Mile-End, a permis de cerner les besoins des travailleurs autonomes d’ici et de prendre la mesure des défis que représenterait l’implantation d’une cellule de SMART au Québec.

Pas question de reproduire à l’identique le modèle européen au Québec, assure la responsable du développement des partenariats stratégiques de la coopérative, Frisia Donders. Il s’agit de « construire ensemble un modèle SMART québécois, made in Québec », explique-t-elle.

« Aujourd’hui, c’est le début de quelque chose au Québec », s’enthousiasme Stéphanie Guico qui coordonne l’analyse de faisabilité du développement d’une coopérative SMART au Québec.

Problèmes communs, solutions mutuelles

Animée par la firme de design de rencontres participatives Alambic, la discussion a permis à une cinquantaine de personnes présentes de faire ressortir les enjeux et les préoccupations des pigistes et travailleurs indépendants au Québec.

Précarité, difficultés de conciliation travail-famille, manque de reconnaissance, faible rapport de force envers les donneurs d’ouvrage : les problèmes soulevés font écho à « des besoins qui sont assez universels », observe le directeur de SMART, Sandrino Graceffa. Il estime que modèle de « mutualisation » de services mis en place par la coopérative en Europe pourrait facilement s’adapter aux réalités québécoises pour répondre à ces besoins.

Entre craintes et espoirs

La chroniqueuse et conférencière Miriam Fahmy, membre de Temps libre depuis l’ouverture en 2016, qui participait à la discussion estime que la création d’une structure comme SMART au Québec pourrait « avoir une force structurante » dans le milieu du travail autonome.  Elle s’inquiète cependant qu’une telle initiative puisse conforter l’État dans son désengagement en matière de protection sociale des travailleurs et travailleuses précaires.

Loin de chercher à se substituer à l’État ou aux syndicats pour assurer la protection sociale ou l’amélioration des conditions de travail, SMART vise surtout permettre à des travailleurs indépendants de s’offrir collectivement des services et des ressources qui seraient inabordables individuellement.

« Ni le marché tel qu’il existe, ni l’État ne répondent à nos besoins », fait valoir Benjamin (Ben) Prunty, l’un des coorganisateurs de la conférence Transform(er) MTL où SMART avait été invité au printemps 2016. Fervent défenseur d’un mouvement de démocratisation de l’économie, Ben Prunty voit d’un bon oeil l’implantation prochaine d’une coopérative basée sur le modèle SMART au Québec.

Reste à voir si un projet émanant d’une coopérative étrangère réussira à faire sa place dans l’écosystème tricoté serré du réseau coopératif québécois. Chose certaine, le projet suscite déjà un intérêt certain dans la communauté des micro-entrepreneurs et travailleurs autonomes du Plateau portée sur l’innovation sociale et l’économie solidaire.

Le représentant de l’Aile jeunesse au conseil d’administration du Chantier de l’économie sociale du Québec et coordonnateur général de l’Unité de travail pour l’implantation de logement étudiant (UTILE), Laurent Levesque, était l’un des participants à la rencontre.

Nous en avons profité pour réaliser une entrevue avec lui concernant l’avancement du projet de logement étudiant à but non lucratif qui doit voir le jour sur l’avenue Papineau l’an prochain. À lire la semaine prochaine!

[NDLR Par souci de transparence, précisons que l’auteur de ce texte a également participé aux discussions, à titre de président de l’Association des journalistes indépendants du Québec.]

 

 

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