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Budget 2019 : Les petits commerçants du Plateau sortent grands gagnants

Économie
Les commerces de l’avenue Mont-Royal parmi les plus avantagés du budget 2019 (photo : Émilie Braymand, coordonnatrice marketing de la SDC l’avenue Mont-Royal)

Le 8 novembre, l’administration Plante a dévoilé le budget de fonctionnement de la Ville de Montréal pour l’année 2019. Un répit fiscal est accordé aux commerçants du Plateau. Ce qui n’est pas forcément le cas pour les propriétaires, même si l’augmentation générale est indexée sur l’inflation de 1,7 %.

Après un précédent exercice où les hausses avaient fait grincer des dents beaucoup de gens, « ce budget 2019 rompt clairement avec le passé », a annoncé d’emblée la mairesse de Montréal, Valérie Plante, dans le communiqué de presse annonçant le budget.

Aides aux commerçants

« Le budget 2019 fait une place importante aux commerçants locaux puisque la santé économique s’exprime d’abord et avant tout à l’échelle locale. C’est pourquoi des mesures sont mises en place afin d’alléger la charge fiscale d’une large majorité des immeubles non résidentiels, et ce, en réduisant de 10 % la taxe foncière sur la première tranche de 500 000 $ et moins de l’évaluation foncière. », peut-on aussi lire dans ce document.

Une mesure qui toucherait 57 % des immeubles non résidentiels à l’échelle montréalaise, selon la Ville. Sur Le Plateau-Mont-Royal, le chiffre est difficilement quantifiable. Cependant, même si la hausse générale est estimée à 1,3 %, cet arrondissement  obtient une belle part du gâteau, puisqu’il bénéficiera d’une baisse générale des charges fiscales de 0,57 %, selon ce qui a été annoncé. La taxe foncière des bâtiments non-résidentiel est même allégée de 2,07 %, mais est contre-balancée par les hausses de la taxe sur l’eau de 0,96 %.

De manières générales, cette annonce a été bien reçue de la part des commerçants et des sociétés de développement commercial (SDC). « À l’association des SDC, ce qu’on constate évidemment, c’est que ce budget, c’est un bon pas dans la bonne direction. On ne peut que saluer l’initiative, car pour une première fois, au-delà des mesures fiscales adoptées, il y a une reconnaissance de la part de ces commerçants-là et dans leurs contributions dans l’écosystème économique de Montréal, mais aussi dans la vitalité des quartiers. Ce qui est un point fort de l’administration Plante », se réjouit Billy Walsh, président de l’association des SDC.

Dans le rapport plus détaillé, on peut lire : « Ainsi, les SDC qui comprennent une forte proportion d’immeubles de faible valeur verront globalement leurs charges fiscales diminuer avec l’introduction de cette mesure fiscale ». C’est exactement le cas pour la SDC de l’avenue Mont-Royal et pour celle de la rue Saint-Denis. Selon les détails fournis, la valeur moyenne des commerces à l’intérieur de ces artères est de 800 000 $. Leurs variations de charges fiscales seront donc respectivement de -4,7 % et de -4,3 %.

Le rapport prévient cependant qu’il s’agit d’une moyenne et que la variation de charges fiscales de chacun des immeubles dépend de sa valeur foncière.

Les petits commerçants ont donc de quoi se réjouir, surtout que depuis, la ville a annoncé son intention d’aider ceux en zone de travaux.

Les propriétaires pas forcément épargnés

Contrairement aux commerçants de l’agglomération, les propriétaires devront subirent une hausse moyenne de 2,12 %. C’est plus haut que la moyenne de la ville de 1,7 %.

« On est bien content que les petits commerçants aient un répit. On demandait cela depuis quelques années, annonce Pierre Pagé, porte-parole de Montréal pour tous. Par contre, pour les petits propriétaires d’immeubles de cinq logements et moins, il n’y a aucune mesure de répit. Surtout ceux qui sont dans des zones très recherchées, là où l’évaluation foncière augmente beaucoup. Donc la moyenne de 1,7 % peut vite se transformer en 5,6, voire 7 % d’augmentation. »

Montréal pour tous est un groupe de citoyens non partisan, qui existe depuis 2011. Constitué de propriétaires, locataires et commerçants, qui luttent par divers moyens contre les fortes hausses des évaluations foncières.

M. Pagé, lui-même propriétaire dans le Mile-End, explique que la hausse se fait sur l’évaluation foncière et non sur la valeur à l’achat. Pour bien comprendre ce que M. Pagé explique, admettons qu’un propriétaire ait acheté un bien unifamilial sur le Plateau pour 650 000 $ il y a un an, et qu’aujourd’hui son bien est évalué à 700 000 dollars. L’an passé, il a déboursé aux environs de 5430 $. Cette année, il devrait débourser 6000 $. Une hausse de plus de 10 %.

Heureusement, la valeur des biens n’évolue pas aussi rapidement, mais la hausse peut vite prendre à la gorge certains propriétaires qui sont sur le Plateau depuis de nombreuses années.

« On a des témoignages de gens qui nous disent je m’en vais, je ne peux plus faire face aux hausses, dénonce M. Pagé. S’il n’y a pas de mesure d’aide, il y a encore des gens qui vont s’en aller. Soit vendre leur maison et devenir locataire, soit aller dans des quartiers moins chers, soit s’en aller à l’extérieur de Montréal. Ce qui n’est pas le but de l’administration, qui veut garder les gens chez eux »

L’augmentation des taxes, en moyenne, sera différente selon votre type d’habitation : +0,61 % pour un condominium, +1,62 % pour un les multiplex jusqu’à cinq logements, +2,49 pour les résidences unifamiliales et 4,35 % pour ceux de six logements et plus.

M. Pagé est d’ailleurs inquiet concernant les propriétaires peu scrupuleux qui répercuteront ses hausses sur les locataires.

« Plusieurs groupes, comme le nôtre, demandons à avoir un registre des baux pour savoir. Certains propriétaires respectent la hausse de la régie du logement du Québec, mais il y en a beaucoup qui ne la respectent pas et la Régie n’a pas les moyens de suivre cela de près ».

« Dans l’ensemble, on est quand même content que l’augmentation moyenne ne soit pas comme l’an dernier, de 3,3 %. », finit par tempérer M. Pagé.

 

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