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Quand les chantiers nuisent aux commerces : l’administration Plante annonce une première au Canada

Économie
Robert Beaudry lors de son discours du 14 novembre 2018. (photo : Ganzer Nicolas)

Dès janvier 2019, les commerces qui verront leurs bénéfices chuter à cause d’un chantier de la ville ou de la Société de transport de Montréal (STM) pourraient avoir le droit à des compensations financières.

L’annonce a été faite le 14 novembre dernier, sur la Plaza Saint-Hubert, par le responsable du développement économique au comité exécutif de la ville de Montréal, Robert Beaudry. Un emplacement symbolique puisque cette artère commerciale est actuellement le lieu d’un chantier majeur.

« C’est vraiment un jour historique pour nous à Montréal, surtout pour notre formation. Cela fait des années qu’on milite pour avoir des programmes pour aider nos commerçants, a lancé l’élu. On va soutenir nos commerçants pendant et après les chantiers. Montréal devient la première ville canadienne à avoir un programme d’aide financière pour les commerces qui sont touchés par les chantiers. »

Ainsi, quand un chantier verra le jour, une zone l’entourant sera désignée. Si les commerces qui se trouvent dans celle-ci connaissent une forte chute de leurs bénéfices, ils pourront faire une demande d’aide financière à la ville. Les montants perçus, plafonnés à 30 000 $ par année, permettront d’amoindrir l’impact engendré par les travaux.

Une rétroaction est même prévue au 1er janvier 2016 pour les chantiers de la ville, et au 27 septembre 2017 pour ceux de la STM. Toutefois, cette mesure ne concerne que les commerces encore en activité au moment de la demande, pas ceux ayant depuis mis la clef sous la porte.

Pendant les travaux

Pour recevoir une compensation, un commerce devra se trouver proche de deux types de chantiers. Soit une réfection des services d’égouts et d’aqueduc qui s’étaleront sur plus de six mois. Soit un site orchestré par la ville ou par la STM dont la durée de travaux est estimée à plus de 36 mois. Les travaux effectués par la province, comme le Réseau express métropolitain (REM) ou certains travaux d’Hydro-Québec, ne seront pas admissibles puisqu’ils ne sont pas gérés par la ville. De plus, le programme d’aide ne rentrera en action qu’au-delà de 15 % de perte de bénéfices bruts. Avant cela, les pertes seront à la charge des commerçants.

Néanmoins, Caroline Tessier, directrice générale de l’Association des sociétés de développement commercial (SDC), semblait très heureuse de cette annonce. « Je voudrais remercier la ville de Montréal et le leadership de la mairesse, Valérie plante, qui depuis son entrée en fonction a démontré énormément d’intérêt envers le commerce au cœur de nos quartiers. […] On le voit, les annonces s’enchaînent depuis cet été. Aujourd’hui, ce sont des mesures extrêmement concrètes. Les commerçants ont besoin de soutien chez eux, dans leurs commerces, et c’est cela qui est annoncé aujourd’hui. On en est très très fier. »

Les demandes pour ce programme phare seront simplifiées, selon M.Beaudry. Le commerçant devra fournir des documents facilement disponibles comme les déclarations de revenus, les états financiers et les avis de cotisation. « Par contre, on va s’assurer que la qualité de l’information transmise soit conforme, donc il va y avoir un système de surveillance financière à l’intérieur de la ville de Montréal. Il va y avoir une vigoureuse méthode d’évaluation de ce qui est demandé », assure l’élu de la ville.

Après les travaux

Une deuxième aide a également été annoncée. Dans les faits, il s’agit d’une refonte du programme PRAM – Artère en chantier, qui devient Artère en transformation.

Ce programme est surtout destiné aux SDC ou aux associations de commerçants. Elle permettra, entre autres, l’emploi de spécialistes qui aideront une SDC à conseiller les commerces pour se relancer après des mois ou des années plombés par des travaux.

Il inclut également un programme de subvention à la rénovation, pouvant donner droit à 40 % du coût des travaux, plafonné à 250 000 $.

« Il faut vraiment voir ces programmes comme complémentaires. Mais d’autres programmes seront ajoutés dans les prochains mois et même les prochaines semaines », ajoute M. Beaudry.

Sur Le Plateau-Mont-Royal

Au cours des dernières années, le Plateau n’a pas été épargné par les chantiers. De nombreux commerces ont été pénalisés par d’imposants travaux de réfection, sur le boulevard Saint-Laurent et plus récemment, sur la rue Saint-Denis. En ce moment, c’est sur l’avenue Laurier-Ouest que la réfection du réseau d’égout et d’aqueduc est en cours. D’ailleurs, M. Beaudry a confirmé que les commerçants de cette artère étaient directement concernés par les subventions accordées par la ville.

Les deux mesures annoncées aideront les commerçants du Plateau, mais également de toute l’île de Montréal à hauteur de presque 42 millions de dollars, 25 millions jusqu’à la fin 2021 pour l’aide financière aux commerces affectés par des travaux majeurs et un autre 16,8 millions sur dix ans pour Artère en transformation.

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