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L’arrivée d’Open Door continue de susciter de vives tensions

Vie de quartier
Open Door
Une rencontre citoyenne qui visait à discuter de l’avenir du secteur Milton-Parc a finalement été monopolisée par le débat sur l’arrivée de l’organisme la Porte ouverte dans le quartier. (photo : Shutterstock/Srdjan Randjelovic)

Une rencontre citoyenne qui se voulait initialement calme a rapidement tourné à l’engueulade mardi soir dans Milton-Parc. L’arrivée de la Porte ouverte (Open Door), un centre de jour qui accueille une majorité de sans-abri autochtones, continue de faire débat auprès des résidents du secteur.

Une cinquantaine de citoyens ont assisté à la rencontre. (photo: Lindsay-Anne Prévost)

La rencontre organisée par l’arrondissement du Plateau-Mont-Royal, qui visait à partager des solutions pour améliorer le verdissement, la salubrité et la cohabitation sociale du secteur, a finalement pris une tournure imprévue. D’abord parce que la cinquantaine de participants présents ont dû discuter dans le noir total à cause d’une panne de courant, mais surtout parce que c’est finalement l’arrivée du centre de jour la Porte ouverte qui a monopolisé les conversations.

L’organisme, installé depuis 30 ans à l’église Saint-Stephen au centre-ville, déménagera bientôt à l’église Notre-Dame-de-la-Salette dans Milton-Parc. Or, certains résidents craignent un éventuel afflux anticipé de personnes itinérantes intoxiquées sur l’avenue du Parc avec son arrivée.

La cohabitation sociale, une question délicate

Les intervenants ont amorcé l’atelier en tentant d’apaiser d’emblée les craintes. Allison Reid, coordonnatrice du Réseau pour la stratégie urbaine de la communauté autochtone à Montréal, a fait valoir quelques initiatives qui ont porté leurs fruits dans d’autres secteurs en matière de cohabitation avec les Premières Nations.

C’est le cas du square Cabot, situé près du métro Atwater, qui est devenu un lieu de rencontre pour la communauté autochtone. Des ateliers de sculptures et de chants sont quotidiennement organisés pour que les citoyens puissent se familiariser avec leur culture. Idem pour le Café de la Maison-Ronde, seul café autochtone à Montréal, qui favorise les rencontres autour d’un repas traditionnel. « J’admire toutes vos initiatives, mais dans ce cas-ci, on parle d’un parc. Le problème, c’est que Open Door arrive en arrière de chez nous, dans la ruelle », a toutefois souligné une participante.

Pierre-Philippe Monette, intervenant en médiation sociale pour l’organisme Plein Milieu, a également fait valoir que certains organismes sont mandatés pour discuter et collaborer avec les citoyens en situation d’itinérance. « Nous sommes formés pour ça », a-t-il dit en précisant que les travailleurs peuvent aussi bien intervenir dans des situations où il y a consommation de drogue dure que d’atteinte de troubles mentaux.

Pour sa part, Hélène Brisson, vice-présidente du Comité des citoyennes et citoyens de Milton Parc, a fait remarquer que ce n’est pas la première fois que le secteur fait face à des enjeux de cohabitation sociale. Elle a comparé la situation aux vives tensions qui opposaient les résidents aux étudiants de McGill il y a quelques années. Ces derniers posaient problème en organisant des fêtes à répétition. « Ç’a commencé à aller mieux lorsque les étudiants nous ont approchés pour aller à leur rencontre », a indiqué la vice-présidente.

Mais en vain. Les « On ne veut pas de Open Door » et « On n’est pas ici pour parler de Open Door » se sont entremêlés pendant près de 45 minutes, écartant carrément l’objet de la rencontre initiale, formant deux clans et menant le quart des participants à quitter la salle. 

L’une des animatrices a réitéré à plusieurs reprises qu’une rencontre sur le sujet avait déjà eu lieu au début de l’été, pour ensuite esquiver toutes questions relatives à La Porte ouverte.

Un débat polarisé

Rappelons que ce débat, fortement polarisé, sévit depuis la rentrée des classes. « Il y a toujours eu de l’itinérance dans le quartier, mais jamais autant que maintenant. Donc c’est certain que l’arrivée de Open Door fait jaillir certaines frustrations », a expliqué Raphaëlle, une résidente du Plateau depuis plus de dix ans, lors de la rencontre mardi soir. 

D’un autre côté, un résident du secteur s’est présenté au conseil du 5 novembre dernier pour déposer une lettre ouverte de 260 signatures en faveur de la venue du centre de jour. « Nous comprenons les préoccupations des gens au sujet de la sûreté et de la sécurité du quartier, mais nous pensons que l’opposition à la Porte Ouverte est mal orientée. Elle est en grande partie basée sur le secret malencontreux qui entourait son introduction dans notre voisinage. Nous croyons que la transparence et l’ouverture apportent toujours de meilleurs résultats », soulignent les signataires.

Précisons que l’arrondissement du Plateau-Mont-Royal n’a pas le pouvoir d’autoriser ou de fermer la porte au projet, celui-ci découlant d’une entente privée entre l’église Notre-Dame-de-La-Salette et l’organisme la Porte ouverte. 

À suivre : Les propositions des résidents du quartier pour embellir Milton-Parc. 

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