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Un « Water Square » pourrait voir le jour sur le Plateau

Environnement
Le 962, av Mont-Royal pourrait se voir transformer en Water Square. Photo : Nicolas Ganzer

L’administration Ferrandez aimerait se doter d’une place publique inondable, un espace urbain dédié à l’eau inspiré des Pays-Bas, qui pourrait voir le jour d’ici 2020 sur les terrains du 962, avenue Mont-Royal Est.

Lors du dernier conseil d’arrondissement, le 5 novembre dernier, deux demandes de subvention ont été autorisées pour transformer ce terrain en pôle multi-usage climato-responsable. Un site qui abritait, jusqu’en 2014, une station-service Esso et qui a permis cet été de tester trois installations temporaires. Toutes les six semaines, la configuration changeait. « Les gens pouvaient tester, voir ce qu’ils aimaient et ensuite répondre à un formulaire. On a également fait une consultation publique pour trouver le nom de la place, détaille Maeva Vilain, la conseillère d’arrondissement du district Jeanne-Mance. Ce qui en est ressorti, c’est que les gens veulent un espace avec de l’eau. »

Naissance d’une idée

L’article 24 de la charte montréalaise des droits et responsabilités encourage une gestion responsable des ressources, notamment en matière de gestion de l’eau. Dès lors, la ville recommande aux arrondissements de s’inspirer du système de Water Square. Comme il ressort que les gens veulent un espace avec de l’eau au 962, avenue du Mont-Royal, l’association des deux idées fait de cette place une candidate idéale.

« Donc cette étude, c’est vraiment le début de quelque chose. Nous, on est tout à fait d’accord avec le principe », confirme Mme Vilain tout en restant prudente, car les subventions pourraient très bien être refusées.

Qu’est-ce qu’un Water Square ou une place publique inondable ?

Le Watersquare Benthemplein à Rotterdam. Photo : Millad Pallesh

L’idée est donc née à Rotterdam aux Pays-Bas en 2012 et le projet fut concrétisé un an après. Les designers sont arrivés au concept final en collaboration avec des professeurs, des étudiants, des membres de l’église adjacente et d’autres personnes du voisinage.

Leur but : faire un lieu qui aide à récupérer les eaux de pluie, qui vont continuer à augmenter dans les prochaines années. Mais ils voulaient également que ce soit un espace de vie pour tous.

Au final, c’est un écosystème complet qui a été créé. L’eau qui tombe, autant sur les toits voisins que sur le square lui-même, est emmagasinée dans les trois bassins prévus à cet effet, tous à une hauteur différente. Plus l’eau tombe, plus le dernier bassin va se remplir. Entre-temps, une partie du débit est absorbée par les plantes, arbres et autres espaces verts qui habillent le square. Puis, grâce à un système de tuyaux, l’eau finira par rejoindre les nappes phréatiques de façon progressive, au lieu de provoquer des débordements.

Quand il fait beau, c’est une place colorée où les gens se retrouvent pour jouer, danser ou se reposer. Un endroit convivial où toutes les générations peuvent se côtoyer.

Dans la vidéo ci-dessous (en anglais) le système est décortiqué :


Mme Vilain prévient que le système qui pourrait être installé s’inspirera de Rotterdam, mais ne sera pas identique. L’usage et la taille du lieu sont différents.
« C’est une grande préoccupation de faire une place plus résiliente, de penser à nos nouveaux aménagements, par rapport à la réalité du climat d’aujourd’hui et de demain. Il faut qu’on fasse des aménagements réalistes en fonction des contraintes environnementales. Tout en assurant un maximum d’usage à une place très dense. »

Détails des demandes

Au total, l’aménagement de cette future place pourrait coûter 2,5 millions de dollars, spécifie le sommaire décisionnel. Pour compléter leur montage financier, une demande de subvention a été déposée au Fonds vert du ministère des Affaires municipales et de l’Occupation du territoire (MAMOT), qui peut financer jusqu’à 50 % des dépenses maximales admises du projet, pour un maximum de 500 000 dollars.

Une deuxième demande s’est faite via le programme « municipalités pour l’innovation climatique ». L’étude de faisabilité du projet pourrait être subventionnée à hauteur de 80 %, pour un maximum de 175 000 $. Dans l’ordonnance 30.3 du 5 novembre 2018, le coût de l’étude est estimé à environ 100 000 $.

L’approbation, ou non, de ces deux subventions pourrait arriver rapidement, ce qui cadrerait avec l’échéancier donné par Mme Vilain :

« La place permanente, c’est pour 2020. En 2018, on a fait les trois projets. À partir des consultations publiques, on est en train de mettre une place temporaire pour 2019. Ensuite, on recueillera de nouveau les commentaires des gens pour faire les plans pour 2020 ».

Cette place publique inondable pourrait être la première du genre à voir le jour à Montréal. En effet, le seul autre projet en cours concerne l’Est de l’arrondissement de Lachine.

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