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Une année 2018 remplie pour les Amis du Champ des Possibles

Environnement, Vie de quartier
Une des activités qui ont eu lieu au courant de l’année 2018. (photo : groupe Facebook des Amie du Champ des Possibles)

Depuis 2010, les Amis du Champ des Possibles, cette friche industrielle délimitée par les rues Henri-Julien, de Gaspé et le chemin de fer longeant la rue des Carrières, travaillent d’arrache-pied pour y préserver la biodiversité et en créer un lieu d’expérimentation urbaine.

Comme chaque année depuis 2010, l’organisme à but non-lucratif a tenu son assemblée générale pour l’année 2018. Le bilan des actions fut présenté le 10 décembre avec, en point de mire, une année 2019 qui promet de consolider les dossiers phares.

Les Amis du Champ des Possibles (ACDP) ont organisé leur bilan autour de sept grands axes : la cogestion du site avec l’arrondissement du Plateau-Mont-Royal, le plan de réhabilitation, l’entretien écologique, la biodiversité, les diverses animations, l’avenir du secteur Saint-Viateur Est et, enfin, la recherche de financement.

Promouvoir la biodiversité du site

La 2e catalogue de la biodiversité du Champ des Possibles. (photo : groupe Facebook des Amis du Champ des Possibles)

L’année 2018 fut bien remplie pour l’OBNL qui a notamment inauguré un nouveau site internet, publié le 2e catalogue de la biodiversité du Champ des Possibles, planté 20 nouveaux arbres et 15 arbustes et a une communauté qui ne cesse de grandir avec près de 5800 abonnés sur sa page Facebook.

Un total de 423 espèces animales et végétales sont maintenant identifiées sur le site. Afin de protéger cet écosystème grandissant grâce à l’effort de l’organisme, un plan de réhabilitation a été déposé auprès du ministère du Développement durable de l’environnement et de la Lutte aux changements climatiques (MDDELCC) le mois dernier.

Si ce plan était accepté, cela permettrait de protéger les haies d’arbres de futures excavations que pourrait exiger le Ministère. En effet, des ingénieurs forestiers ont aidé à réaliser un relevé des entités écologiques pouvant constituer des habitats pour la biodiversité du Champ. De façon plus pragmatique, le Ministère tentera toujours de protéger les milieux naturels face aux excavations.

Les ACDP sont très alertes quand il s’agit de préserver la biodiversité dans un milieu urbain comme celui qui existe autour du champ des possibles.

« C’est un défi de conserver la biodiversité en milieu urbain et donc on ne peut pas tout faire en même temps. Donc il faut trouver et assumer des priorités. Le parc Jean Drapeau, à une autre échelle, connaît le même genre de problématique. Il y a eu un amphithéâtre construit et financé par la ville centre et qui a coupé des centaines d’arbres. On n’a pas vraiment priorisé la biodiversité dans le développement qui a été financé par le public sur le parc Jean Drapeau », rappelle Caroline Magar, la coordonnatrice au développement du projet.

Les nouveautés

Parmi les actions de l’organisme, un nouveau projet a rencontré un succès quelque peu surprenant, selon la coordonnatrice. « On a développé cette année, des ateliers de dessins botaniques. C’est la première fois qu’on le faisait et ça a été le projet 2018 le plus intéressant. Ça, c’est vraiment un truc dont on est vraiment très fiers. […] C’est un projet qui nous permet de rejoindre une population qu’on rejoignait moins, parce qu’il y a une approche artistique. Mais la mission reste quand même très proche de nos valeurs, c’est-à-dire de sensibiliser les urbains aux enjeux de la conversation de la biodiversité en milieu urbain. »

Un groupe de personnes qui participe à un des ateliers de dessins botaniques. (photo : groupe Facebook des Amis du Champ des Possibles)

Une belle participation, puisque plus de 300 personnes ont assisté à l’un des cours donnés. D’ailleurs, une bonne partie des participants ne connaissaient pas le projet du champ des possibles, pouvait-on lire sur le rapport annuel présenté lors de l’assemblée générale.

En plus d’augmenter la visibilité de l’organisme, cette activité est aussi devenue une belle vitrine d’autofinancement.

L’année 2018, les ACDP ont également continué leurs opérations diverses et variées, comme donner des conférences, faire des visites, distribuer des fleurs dans le cadre de l’événement « Cultivons le Plateau », participer à des programmes éducatifs, pour ne citer que ceux-là. La liste complète a été diffusée sur le groupe Facebook des ACDP.

Et l’année prochaine ?

La coordinatrice rappelle que le Champ des Possibles est un espace public assez atypique. En effet, une grande partie de la population qui utilise ou traverse le site est constituée de travailleurs qui ne vivent pas forcément dans le quartier. C’est en partant de cet état de fait que l’année commencera.

« C’est un de nos dossiers principaux pour le début de l’année 2019. On a trouvé un financement de par la fondation TD des amis de l’environnement pour un projet qu’on a développé qui s’appelle : “Le Champ au boulot”. Le but est d’aller à la rencontre des travailleurs du secteur pour les écouter, savoir comment eux ils voient le secteur et notre site, et leur parler de comment nous on le développe. Partager nos visions de l’espace public et de développer ensemble son potentiel. »

D’autres sujets restent aussi en suspens dans l’équipe de l’organisme, notamment ce qui se passe autour du Champ des Possibles. « Le défi, c’est les décisions qui sont prises relative aux terrains voisins du Champ des Possibles », rappelle la coordinatrice. L’organisme pointe entre autres du doigt le projet Aire Commune dans son rapport. « Le caractère événementiel, temporaire et commercial de ces interventions diffère de l’approche socio-environnementale du projet du champ des possibles. Il en résulte donc une cohabitation parfois problématique. » Aire Commune apparaissait d’ailleurs comme une petite zone d’ombre dans le bilan de l’administration Ferrandez.

Les ADCP rappellent qu’ils ne sont pas contre ce genre d’événements, mais aimeraient être consultés au vu de la proximité du Champ des Possibles.

Il y a également toute la zone qui longe la voie ferrée qui intéresse particulièrement l’organisme quant à son développement. Un sujet dont la coopération avec l’arrondissement du Plateau-Mont-Royal semble bénéfique, comme le mentionne Caroline Magar. Le terrain où se trouve la carcasse du bâtiment de Kabane 77 est particulièrement surveillé. En effet, le lieu est entouré d’arbres matures qui servent de perchoirs à des oiseaux. L’organisme devra donc s’assurer, que, quoi qu’il advienne du terrain, les arbres seront protégés.

« Le secteur Saint-Viateur-Est est en grande évolution, les abords de la voie ferrée sont sujets à beaucoup d’évolution alternative. Il y a plusieurs nouvelles approches qui sont tout à fait à l’image de la créativité de l’arrondissement du Plateau-Mont-Royal. Vous ne verrez pas dans tous les quartiers le genre de projet très proactif qu’ils ont eus ces dernières années », affirme la coordinatrice de manière enthousiaste.

 

 

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