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Crise du logement appréhendée sur le Plateau

Immobilier, Vie de quartier
« Une crise du logement c’est quand les logements disponibles sont en bas de 3 % » explique Cloé Fortin, organisatrice communautaire au Comité logement du Plateau-Mont-Royal. Si le Plateau enregistre déjà un taux d’inoccupation de 1,5 % pour tous ses logements, c’est encore plus bas pour les logements de trois chambres et plus. Ceux-ci ont un atteignent le 0,2 %. (photo: Clara Loiseau)
« Une crise du logement c’est quand les logements disponibles sont en bas de 3 % » explique Cloé Fortin, organisatrice communautaire au Comité logement du Plateau-Mont-Royal. Si le Plateau enregistre déjà un taux d’inoccupation de 1,5 % pour tous ses logements, c’est encore plus bas pour les logements de trois chambres et plus. Ceux-ci ont un atteignent le 0,2 %. (photo: Clara Loiseau)

Alors que Montréal serait proche d’une crise du logement, le Plateau est également à risque avec un taux de vacance de 1,5 %, selon les informations de la Société canadienne d’hypothèque et de logements (SCHL) dans son rapport sur le marché locatif.

« On peut affirmer qu’en ce moment, sur le Plateau, on est en crise du logement », explique Cloé Fortin, organisatrice communautaire au Comité logement du Plateau-Mont-Royal. « Une crise du logement c’est quand les logements disponibles sont en bas de 3 % » continue-t-elle. Si le Plateau enregistre déjà un taux d’inoccupation de 1,5 % pour tous ses logements, il est encore plus bas pour ceux comptant trois chambres à coucher et plus, qui enregistrent un taux de vacances d’à peine 0,2 %.

Dénicher un grand logement devient donc de plus en plus difficile, notamment pour les familles, affirme Cloé Fortin.  Les loyers montréalais ont subi une augmentation de 2,5 % durant l’année, ce qui se traduit par une hausse moyenne de 65 $ dans l’arrondissement du Plateau-Mont-Royal. Alors que le loyer moyen était de 900 $ en 2017 dans le quartier, il s’élève donc à 965 $ en 2018.

L’organisatrice communautaire précise que « malgré l’augmentation des loyers, les logements se louent. Ce qui devient très inquiétant pour les ménages qui ont de bas revenus. Ils vont avoir de plus en plus de misère à trouver un logement selon leurs moyens. »

Un quartier à la mode

Si le Plateau génère une grande demande, c’est pour plusieurs raisons. Comme Cloé Fortin l’explique, le quartier est « un quartier de transition ».

« Quand on regarde les chiffres, il y a beaucoup d’étudiants, beaucoup de nouveaux arrivants ». Mais le Plateau garde aussi une réputation de « quartier chic, qui est proche du centre-ville, et qui a beaucoup d’attrait ». Les plateformes de location touristique, comme Airbnb, retirent également « beaucoup de logements locatifs [du marché], ce serait environ 5 % des logements » estime Cloé Fortin.

Le Plateau a donc beaucoup de demandes, mais peu d’offres et ce qui permet une augmentation de loyer conséquente.

Mais la bonne image du quartier en « cache une autre » commente-t-elle.« Il y a beaucoup de personnes seules et beaucoup de personnes qui gagnent un bas revenu », continue-t-elle.

Le quartier devient également victime de son succès auprès des « propriétaires spéculateurs » affirme Mme Fortin.

Des changements attendus

Alors que le taux d’occupation est très bas, de nombreux propriétaires font tout de même de la spéculation sur le dos des locataires, selon Mme Fortin. Selon l’organisatrice communautaire, certains achèteraient des immeubles où les loyers se situent en dessous de la moyenne, évinceraient les locataires et effectueraient des rénovations de surface pour ensuite louer plus cher. Un procédé qui reste légal, mais qui devrait être « interdit alors que les logements manquent », explique-t-elle.

« Le service des permis et des inspections continue de donner des permis aux propriétaires qui veulent évincer le locataire et la Régie du logement continue d’évincer les locataires mêmes si le taux d’inoccupation est si bas », explique Cloé Fortin.

Le Comité logement du Plateau, membre du Regroupement des comités logement et associations de locataires du Québec (RCLALQ), réclame donc que « les propriétaires ne devraient pas avoir le droit de reprendre des logements ou d’évincer un locataire quand le taux d’occupation est en dessous de 3 % ». C’est l’un des points demandés par le RCLALQ qui réclame également une réforme majeure de la Régie du logement.

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