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Un premier conseil d’arrondissement 2019 plutôt calme

Politique, Vie de quartier

L’hommage à Lucia Kowaluk, les nouveaux lampadaires dans l’arrondissement et, une fois n’est pas coutume, les logements d’artistes en danger auront été les points centraux de ce conseil du 4 février.

Pour cette première séance de l’année 2019, tous les élus étaient présents. Les quatre conseillères ont pris la parole en ouverture de séance avant que Luc Ferrandez, le maire de l’arrondissement, ne rende hommage à Lucia Kowaluk, cette activiste bien connue dans Milton-Parc, décédée vendredi à l’âge de 84 ans.

La maire a voulu souligner son travail « incroyable » pendant plus de 50 ans. « La ville que nous connaissons serait différente sans sa présence et sans son travail », a-t-il d’ailleurs déclaré. Parmi ses nombreux accomplissements, Mme Kowaluk a travaillé à la création d’une des plus grandes coopératives d’habitation de Montréal, celle de Milton-Parc.

Luc Ferrandez a d’ailleurs mentionné la possibilité que d’autres hommages plus officiels aient probablement lieu conjointement avec la ville centre. De plus, une rue, une place, un bâtiment ou autre pourrait bientôt porter le nom de Mme Kowaluk, en plus d’une probable inscription à titre posthume au rang de grande Montréalaise.

Le mot des élues

Marianne Giguère, conseillère de De Lorimier, a annoncé que la rue Marie-Anne Est deviendrait une voie à sens unique à partir d’avril en direction de l’Est, entre les rues Papineau et de Lorimier. Un changement « qui va permettre à cette rue d’être plus agréable, plus sécuritaire. On va gagner de l’espace pour éventuellement développer cette espèce de campus qu’on a dans ce coin-là. » Un point stratégique puisqu’autour, il y a le CPE Le sablier, l’un des plus grands du Québec avec 200 enfants.

Dans ce secteur se trouvent aussi l’école secondaire Jeanne-Mance, qui accueille près de 1000 élèves, le parc des Compagnons-de-Saint-Laurent, l’aréna Mont-Royal et le Centre sportif du Père Sablon, qui devient un grand camp de jour l’été. Ainsi, selon les données de l’élue, on compterait presque 3800 voitures par jour, ce qu’elle juge énorme pour ce genre de rue. Elle a rajouté que c’est un coin particulièrement dangereux puisque, entre 2005 et 2014, 9 piétons, 14 cyclistes et 35 automobilistes y ont été blessés. La conversion en sens unique est une décision qui a été prise en concertation avec les résidents.

La conseillère du district de Jeanne-Mance, Maeva Vilain, a de son côté voulu mettre en avant le Mois de l’histoire des Noirs, qui revient chaque année au mois de février avec des événements à travers tout le Canada. « Je vous en parle, car je trouve qu’il y a eu tout un débat de société après la pièce de théâtre SLĀV, de Robert Lepage. On a vraiment entendu un cri du cœur des artistes de la communauté noire pour avoir plus de place ».

Beaucoup d’événements seront présentés dans l’arrondissement en février comme un concert ouest-africain au Balattou ou une soirée film au cinéma du Parc. Le bar Le Terminal présentera plusieurs spectacles d’humours et il y aura également une soirée DJ au Ministère et diverses expositions au Studio D-325 sur de Gaspé.

Josefina Blanco, conseillère d’arrondissement dans le district de De Lorimier, a mis de l’avant la journée de la persévérance scolaire, qui aura lieu dans la semaine du 12 au 16 février. Les élus porteront un ruban vert et blanc, symbole de cette persévérance. Elle rappelle également que l’arrondissement Le Plateau-Mont-Royal est « le seul à avoir créé un fond pour les écoles du quartier ».

Marie Plourde, conseillère du district du Mile-End, a mis l’accent sur deux nouvelles d’urbanisme. D’abord, et après une tentative d’interdire toutes nouvelles constructions de mezzanine en 2017, les élus veulent faire passer un règlement de limitation. Dans l’ordre du jour, on peut lire « afin d’encadrer la construction de mezzanines, de revoir la hauteur maximale dans certaines zones et de régir l’aménagement d’espaces extérieurs ». Une présentation publique de la réglementation se tiendra d’ailleurs à ce sujet à l’École nationale d’administration publique (ENAP) le 19 février prochain.

Elle a ensuite parlé du projet de conversion de la caserne 14, au 4247 rue Saint-Dominique, qui aura une vocation culturelle. Le conseil a voté l’autorisation d’emménager des salles de réception et des bureaux. La conseillère a également mentionné qu’il y aura un très gros travail de réfection patrimoniale à faire pour la façade, tout en ayant un intérieur résolument contemporain.

Logements d’artistes, les promoteurs continuent

Vingt-quatre locataires, en face du parc Laurier, ont vu leurs immeubles rachetés cet été par ce qu’ils qualifient de «  spéculateurs assez voraces », comme l’a mentionné Claudia Leduc. Le groupe aurait acheté d’autres édifices du secteur, notamment sur Bellechasse et Colonial. Les promoteurs auraient tenté d’évincer les locataires actuels, qui se sont regroupés pour faire face. Aujourd’hui, ils ont remis en vente cet immeuble. Après quelques recherches, les élus ont trouvé l’annonce sur le site Centris. Les blocs seraient en vente pour 3,8 millions de dollars, alors que le groupe l’aurait acheté 2,8 millions.

Claudia Leduc ne se fait pas d’illusions et craint que les prochains propriétaires soient du même acabit. Elle aimerait donc que l’arrondissement les aide à retirer ces trois immeubles du marché pour conserver ce centre culturel où vivent artistes et travailleurs culturels.

Cependant, et malgré ce que le rapport de l’IRIS, l’institut de recherche et d’informations socioéconomiques a publié, l’arrondissement semble impuissant face à cette situation, mais continue de chercher des pistes de solutions. Le rapport de l’IRIS mentionne trois pistes de réflexion pour lutter contre la spéculation immobilière et de permettre un meilleur accès au logement aux gens.

Nathan McDonald est revenu plus tard sur les nouveaux pouvoirs de l’arrondissement qui lui permettent de retirer un logement du marché pour une période de deux ans, renouvelable une fois, et ce pour en faire des logements sociaux.

« C’est un pouvoir très limité, car malgré tout, à la fin des deux, ou quatre ans, l’arrondissement devra payer la propriété au prix du marché », rappelle le maire. Il rajoute que le propriétaire peut demander des dommages et intérêts si un juge décide qu’il aurait pu faire plus de profit en exploitant sa propriété. M. Ferrandez mentionne que cela peut doubler le prix, et que l’arrondissement ne peut pas suivre au niveau financier. Il juge d’ailleurs le rapport de l’IRIS très optimiste à ce propos, car l’inflation est hors de contrôle, selon lui.

La seule solution, selon le maire et non sans humour, serait : « de mettre fin au système capitaliste »

Les nouveaux lampadaires

Depuis 2016, un projet de remplacement de tous les lampadaires de la ville est en marche. Presque trois ans plus tard, sur les cinq prévus du projet, les lumières DEL de 3000k sont arrivées dans l’arrondissement. Pas moins de cinq résidents sont venus se plaindre de l’effet de ces lumières sur leurs quotidiens.

Les anciens lampadaires faisaient une hauteur d’un étage, maintenant il s’agit d’une hauteur de trois étages selon un des habitants. Depuis, « l’ambiance nocturne a totalement changé. À 3 heures du matin, on est comme en plein jour », s’est plaint l’un d’entre eux. La ville avait pourtant annoncé que ces lampadaires diminueraient la pollution lumineuse, regrette-t-il.

Certains remettent aussi en question les 110 millions de dollars pour changer les 132 000 lampadaires. Une somme qui, selon eux, aurait été mieux investie ailleurs.

Tous ont pris pour exemple la ville de Sherbrooke, qui a décidé d’opter pour des lumières de 1800K. Et elle les remplace seulement quand les anciens ne fonctionnent plus. Plusieurs se demandent donc pourquoi la ville de Montréal ne fait pas pareil.

Marianne Giguère a rappelé qu’au départ, la ville avait décidé d’installer des ampoules de 4000k. Et que les protestations de Projet-Montréal ont fait baisser à 3000 k. Les élus sont d’ailleurs d’accord avec les réticences avancées. La conseillère met quand même en avant les bénéfices gagnés par l’éclairage DEL, comme une meilleure visibilité pour les piétons et les voitures, une réduction de consommation d’énergie de plus de 35 % et de 55% pour l’entretien. Sur des budgets de plusieurs millions, cela fait une grosse différence, a ajouté Mme Giguère.

Concernant la ville de Sherbrooke, celle-ci à une réalité différente, car elle est à l’orée d’une réserve d’un ciel étoilé avec la proximité de l’observatoire du Mont-Mégantic. Ce qui est très rare.

 

Le prochain conseil d’arrondissement aura lieu lundi 11 mars à la Maison de la culture du Plateau-Mont-Royal.

 

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